Politique européenne / Angela Merkel / BCE / commission européenne
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Angela Merkel / BCE / commission européenne
Les petits calculs européens d'Angela Merkel
Pas de chance pour Jens Weidmann. Celui que le Handelsblatt décrit comme « l'influent chef de la banque centrale allemande » qui « se considère peut-être comme le maître de l'univers », pourrait « devenir bientôt un pion du jeu d'échecs européen d'Angela Merkel ». En effet, selon des sources gouvernementales citées par le quotidien, la Chancelière préférerait sacrifier la tête de la BCE – poste auquel Jens Weidmann est pressenti depuis un moment – pour viser la présidence de la Commission européenne pour un de ses concitoyens. Le Handelsblatt explique : « Dans sa froide approche politique, Mme Merkel calcule que Berlin pourrait exercer une plus grande influence au sein de l'UE avec le poste au sommet du bloc exécutif ». En effet, le président de la BCE est apolitique et dépend de ses collègues du conseil pour appliquer des décisions.
L'Allemagne espère bien dans tous les cas obtenir l'un des deux postes, qui se libéreront en 2019. Le quotidien rappelle que le pays n'a jamais eu de représentant à la tête de la Banque centrale européenne, et que son dernier président de la Commission, Walter Hallstein, était en poste dans les années 1950. Parmi les noms évoqués, le Handelsblatt cite le bavarois Manfred Weber, à la tête des conservateurs au Parlement européen, la ministre de la Défense et proche d'Angela Merkel Ursula von der Leyen ou encore Peter Altmaier.
Mais attention poursuit le quotidien : l'Allemagne n'est pas la seule à prendre la décision... « l'autre facteur dans le jeu d'échecs européen est la France, qui a un sens élevé de son importance et ne possède actuellement, aucun des postes principaux ». Si la République en Marche n'appartient à aucun bloc au sein du Parlement, Emmanuel Macron aurait pourtant un certain nombre de candidats comme François Villeroy de Galhau ou Benoît Coeuré (pour la BCE). Sans oublier Christine Lagarde (pour la Commission).
Quoi qu'il en soit, cette stratégie d'Angela Merkel divise les éditorialistes. Dans l'équipe du Handelsblatt, tous ne sont pas d'accord avec l'approche de la Chancelière, qui confère davantage d'importance au poste politique qu'à la présidence de la BCE. « Francfort est important, estime Thomas Sigmund mais pas suffisamment important. La Chancelière doit, au final, se placer à Bruxelles pour que l'Europe continue à jouer un rôle important dans le monde ». Jan Hildebrand n'est pas d'accord : « La politique monétaire a un impact plus important sur les citoyens et l'économie que beaucoup de directives européennes. Un président de la BCE allemand offrirait de nombreuses opportunités qu'il ne faut pas manquer, estime-t-il. »
Pendant ce temps, note le Frankfurter Allgemeine Zeitung, « Jens Weidmann ne s'est pas exprimé sur les spéculations ». Lors d'un discours à Berlin, il a simplement espéré « un abandon progressif de la politique monétaire actuelle ».
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