L'Allemagne, nouvelle ennemie de Trump ?
« Alliance recherchée d'urgence », prévient le Handelsblatt. « Comment réagir face aux invectives du Président américain Trump sur la guerre commerciale ? La France et l'Allemagne ne sont pas unies. D'ici la fin du mois, une alliance doit être trouvée », précise le quotidien. Pour ce dernier, il s'agit là d'un sujet central : « l'Union européenne n'a pas encore de stratégie de négociations dans le conflit commercial qui l'oppose aux Etats-Unis. C'est avec l'objectif d'avancer dans les échanges que le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a reçu, mercredi, Peter Altmaier, son homologue allemand. L'occasion pour les deux hommes d'affirmer qu'ils travailleront « main dans la main » sur « la question du commerce mondial ». Cependant, le Handelsblatt note que « pour le moment, il n'y a aucune proposition concrète sur la table ». Fin juillet, le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker rencontrera Donald Trump pour avancer vers une issue à la crise. « Nous sommes juste au début de discussions importantes », a déclaré Peter Altmaier mercredi. Précisant vouloir attendre les échanges entre les deux dirigeants. « Ensuite nous échangerons et nous trouverons une position commune ».
Dans le même temps, le Président américain s'est exprimé contre la politique gazière allemande et notamment le gazoduc Nordstream, accusant Berlin de proximité avec Moscou. Le Bild rapporte que lors d'un petit déjeuner avec le secrétaire général de l'OTAN, Donald Trump a estimé que « l'Allemagne est complètement contrôlée par la Russie ». A tel point que le Handelsblatt note que « Trump ne connaît qu'un seul adversaire au sommet de l'OTAN - l'Allemagne ». Gerhard Schröder, prédécesseur d'Angela Merkel, a défendu la position allemande dans la presse, affirmant « nous avons besoin des ressources de la Russie, pas seulement le pétrole et le gaz mais aussi les terres rares et les métaux précieux ».
Dans la même interview, accordée au magazine Stern, l'ancien Chancelier s'est aussi permis de critiquer la « faiblesse dans sa direction » d'Angela Merkel sur la gestion de la crise avec son ministre et allié de la CSU Horst Seehofer, sur la politique d'accueil des demandeurs d'asile. « Ou le Chancelier oblige son contradicteur à associer son différend à une question de confiance ou bien il le pousse à la démission ». Pour l'ancien Chancelier, cette situation « a nuit à l'Allemagne ». « Certains, en Europe, qui n'apprécient pas le rôle de l'Allemagne, vont ressentir une joie secrète ». Il ajoute qu'un Chancelier ne doit jamais recevoir d'ultimatum de la part de l'un de ses ministres : « dans ce cas, il est nécessaire de dire 'basta' ».
Dans la même interview, interrogé sur les potentiels remplaçants d'Angela Merkel, Gerhard Schröder n'a pas dû faire plaisir à Andrea Nahles, l'actuelle chef du SPD... En omettant de la citer parmi les personnes qu'il voit succéder à la Chancelière en poste. A la place, il évoque Armin Laschet et Olaf Scholz (actuel ministre des Finances) pour la CDU ou encore Stephan Weil pour le SPD.
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