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Oddo redoute une "sortie de route" de la croissance allemande au T3
L'Allemagne est-elle le dernier pays encore à bord du navire dans l'UE, alors que la Grande-Bretagne doit quitter le bateau dans quelques mois et que la France et l'Espagne sont confrontées pour l'une à la difficulté de réduire ses dépenses, et pour l'autre à de sérieuses difficultés politiques ? Telle est la question qu'Oddo pose dans une note sur la conjoncture outre-Rhin, publiée cette semaine. "L'économie allemande a ralenti en 2018, principalement à cause d'une modération de ses exportations", rappelle le groupe financier. La contribution du commerce extérieur est ainsi tombée à 0,1 point au deuxième trimestre, contre une hausse de 1 point au dernier trimestre de l'an passé. Du coup, la croissance a fléchi et est passée de 2,8% à 1,9% sur un an. Si la menace de guerre commerciale a reflué cet été, l'UE ayant entamé des discussions en vue d'un accord avec les Etats-Unis, Oddo estime cependant que le trou d'air du premier semestre pourrait perdurer en Allemagne.
"Les données récentes venant du secteur industriel ont continué de décevoir", affirme ainsi Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo. La production a reculé de 0,7% en juin puis de 1,9% en juillet. Un ralentissement qui découle de nouvelles règles d'homologation automobile dites WLTP ((World harmonized light vehicles test procedure), qui devaient être mises en place avant le 1er septembre pour tous les véhicules neufs et visant à remplacer celles qui étaient en cours depuis les années 1970. Sachant qu'un second protocole a été rendu obligatoire dans la même limite de temps, visant cette fois à évaluer les conditions d'émissions diesel en conditions réelles (afin d'éviter de nouveaux scandales liés aux émissions).
Ces nouvelles homologations ont naturellement perturbé la production chez certains constructeurs allemands (et en particulier Volkswagen), les mois qui ont précédé la date limite, souligne Oddo, notamment au mois d'août. La production automobile allemande a ainsi baissé de 31,4% sur un an en août, contre une hausse de 4,6% en juin. "Toutes choses égales par ailleurs, un choc d'une telle ampleur, même s'il est très localisé, peut laisser des traces sur l'ensemble de l'activité économique", estime encore Bruno Cavalier.
Mais dans quelles proportions ? Selon les calculs du groupe financier, en tenant compte du fait que la production automobile a été particulièrement élevée l'an dernier et que le secteur représente 20% de l'industrie allemande, il est possible que la croissance du PIB soit amputée de 0,5 point au T3. Même si ce calcul est approximatif précise Oddo, puisque le secteur est affecté de manière différenciée selon les constructeurs et que les données disponibles ne portent pas sur l'ensemble du T3 (il manque les chiffres de septembre). La première estimation du PIB allemand pour le troisième trimestre sera publiée le 14 novembre et la dernière le 23 novembre. Une chose est sûre, les résultats seront "médiocres ou mauvais". L'Allemagne étant le premier contributeur au PIB de la zone euro, l'accélération de la croissance du PIB prévue pour le T3 pourrait donc être décalée à la toute fin de l'année, conclut Oddo.
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