Indicateurs macros / PIB / croissance / Donald Trump
Indicateurs macros
PIB / croissance / Donald Trump
La croissance américaine atteint des sommets, mais...
Le Président américain a dû jubiler en apprenant les chiffres de la croissance américaine pour le second trimestre dévoilés cet après-midi, lui dont le moto "Make America great again", fut le principal slogan de sa campagne et de sa politique économique depuis son élection. Le département du commerce a effectivement annoncé que le PIB du pays avait progressé de 4,1% sur le second trimestre en rythme annualisé, soit un plus haut de quatre ans, tandis que le PIB pour le premier trimestre a de son côté été révisé à la hausse, à 2,2% contre 2% initialement annoncé.
Une accélération de la croissance donc principalement due à une hausse de la consommation des ménages, qui a progressé de 4%, des investissements publics, en hausse de 2,1% et des exportations, qui ont bondi de 9,3%, quand les importations ont stagné, qui ont permis au commerce extérieur de contribuer à hauteur de 1,1% au PIB.
Mais ces très bonnes données sont à prendre avec des pincettes : d'une part parce que l'impact des mesures fiscales de Trump (déductions fiscales revues à la hausse, baisse du barème de l'IR, hausse des avantages fiscaux par enfants, allégement de la taxe sur l'héritage...) qui ont clairement soutenu la consommation, pourrait commencer à se tasser. Ensuite parce que le bond des exportations résulte principalement de la hausse des ventes de soja à l'étranger, en amont de l'instauration de nouveaux tarifs douaniers par Donald Trump.
Tout ceci laisse penser que la croissance américaine au second semestre devrait quelque peu ralentir, dans un contexte de guerre commerciale et de regain de protectionnisme qui devraient finir par peser sur la confiance des entreprises. Par ailleurs, la Fed pourrait adopter un ton plus hawkish la semaine prochaine, vu ces excellentes performances et alors que l'inflation et la hausse de salaires accélèrent. Un resserrement monétaire plus important que prévu - pour l'instant les marchés tablent sur deux hausses supplémentaires d'ici la fin de l'année, en septembre et décembre - pourrait aussi peser sur les investissement immobiliers qui ont d'ailleurs déjà commencé à marquer le pas ce trimestre (-1,1%). "Nous pensons tout de même que l'objectif de croissance de 3% pour cette année est atteignable, vu l'élan des deux premiers trimestres", estime James Knightley, chef économiste international chez ING à Londres. Soit un niveau très honorable, notamment comparé à la France qui devrait peiner à atteindre 2%.
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