WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Politique économique / UE / Donald Trump / Etats-Unis / Japon

Politique économique
UE / Donald Trump / Etats-Unis / Japon

L’UE va-t-elle céder au chantage de l’administration Trump ?

Larry Kudlow, conseiller économique du Président américain, n’a pas eu de mots assez durs contre la Chine lors d’une conférence, et attend la visite de Jean-Claude Juncker avec une proposition de l’Europe. De son côté, l’UE a signé un accord historique avec le Japon, mais qui ne compense pas le manque-à-gagner américain.
Accord libre échange UE - USA - poignée de mains - deal
Accord libre échange UE - USA - poignée de mains - deal

Larry Kudlow, le conseiller économique de Donald Trump qui a pris la suite de Gary Cohn en mars dernier, est réputé pour être un économiste libéral et rationnel, dans la frange la moins protectionniste de son entourage. Et pourtant, il n’a pas mâché ses mots lors de la conférence Delivering Alpha organisée par CNBC à l’hôtel Pierre à New York : interrogé sur les tensions commerciales avec la Chine, il a indiqué « je ne pense pas que le Président Xi ait aucune intention de donner suite aux discussions que nous avons eues et le Président est tellement mécontent de la Chine sur ses soi-disant échanges qu’il maintient la pression et je le soutiens ». Ajoutant que le dirigeant chinois « retarde » l’évolution des discussions, mais n’aurait d’autre choix que de s’asseoir à la table.

Côté européen, le conseiller doit aussi composer avec les récentes sorties de Donald Trump qui a qualifié l’Union européenne d’ « ennemi », ce qui a poussé Donald Tusk, le président du Conseil européen, à répliquer que les deux étaient meilleurs amis et que celui qui en disait autrement ne faisait que propager des « fake news », en référence aux insultes favorites du Président américain. Dans ce contexte, Larry Kudlow a protégé ses arrières, dans l’attente de la visite de Jean-Claude Juncker à Washington la semaine prochaine. « Nous allons discuter. On me dit qu’ils vont apporter une importante offre de libre-échange », a-t-il déclaré, précisant que « mes sources me disent que la Chancelière Angela Merkel travaille là-dessus, remanier l’UE ».

En parallèle, l’UE n’a pas chômé non plus, puisqu’après le sommet de l’Otan apocalyptique de la semaine dernière, elle a annoncé un accord de libre-échange avec le Japon, soit entre la deuxième et la quatrième puissance commerciale au monde. Initié par le Président japonais Shinzo Abe, ce dernier est le plus ambitieux jamais conclu avec le pays, et permettra d’annuler près d’1 milliard de dollars de barrières douanières dans l’agriculture à destination du pays du Soleil levant. Il est surtout l’occasion d’envoyer un signal à peine voilé aux Etats-Unis : « Nous démontrons que nous sommes plus forts quand nous travaillons de concert. Il n’y a pas de protection dans le protectionnisme », a ainsi clamé Jean-Claude Juncker lors de l’annonce de ce deal.

L’Europe et le Japon ont également convenu de considérer comme « équivalentes » leurs règles de protection des données personnelles, ce qui implique un renforcement côté nippon, et adresse un symbole fort après les immixtions russes dans les élections américaines par exemple. Mais ce genre d’accord est fragile et sujet à une remise en cause judiciaire, fait valoir le Financial Times, qui prône une poignée de mains engageante et réciproque sur la libre circulation des données personnelles. Un sujet brûlant et qui ne se réglera pas du jour au lendemain. De l’autre côté, l’UE ne peut se limiter à faire contre mauvaise fortune bon cœur avec le Japon, et doit aussi avancer sur de meilleures bases avec son partenaire outre-Atlantique. La rhétorique du locataire de la Maison Blanche sera cruciale pour éviter un nouveau dérapage, et enfin entrer dans le vif du sujet.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article