WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Politique monétaire / BCE / Autriche / UE

Politique monétaire
BCE / Autriche / UE

La présidence autrichienne de l'UE empiète sur les plates-bandes de la BCE

Le pays, qui préside l'UE depuis le 1er juillet, a demandé à ce que les ministres des Finances de la zone euro discutent de l'impact de la hausse des taux lors de l'Eurogroupe et l'Ecofin cette semaine. Un sujet normalement réservé à la BCE.
Vienne - Autriche
Vienne - Autriche

Dans quatre petits mois, l'Autriche laissera sa place de présidente de l'UE à la Roumanie. Le Chancelier Sebastian Kurz compte donc mettre à profit le temps qu'il lui reste, afin d'imprimer sa marque, comme il l'a déjà fait sur les questions de politiques migratoires et de protection des frontières. Mais c'est sur un tout autre sujet qu'il souhaite discuter avec les autres Etats de la zone ce vendredi et samedi, lors de l'Eurogroupe et l'Ecofin. Selon un document que Reuters s'est procuré, le Chancelier a ainsi invité les ministres à réfléchir à l'impact de la hausse des taux directeurs sur l'économie de la zone euro. Une façon d'anticiper le resserrement monétaire et le premier relèvement des taux, qui, selon le consensus, devrait avoir lieu à l'automne 2019. Soit lorsque la Roumanie aura à son tour laissé sa place à Finlande, pour la présidence tournante de l'UE.

Toujours selon le document, l'Autriche n'a pas seulement demandé à discuter d'un sujet de politique monétaire, domaine normalement réservé de la BCE, mais a posé aux Etats une question assez biaisée : "Etes-vous d'accord sur le fait qu'une normalisation des taux d'intérêt ne générera pas en elle-même des problèmes dans le secteur financier ?". Une interrogation osée, qui remet en cause la sacro sainte indépendance de la BCE.

Rappelons que le traité sur l'Union européenne stipule que la BCE ne doit ni "solliciter ni accepter des instructions venant d’une institution, d’un gouvernement ou d’un autre organisme de l’Union". Et que, de même "les gouvernements des États membres et les autres institutions de l’Union européenne ne sont pas autorisés à influencer les organes de décision de la BCE". 

L'Autriche en somme invite les Etats à se prononcer sur un sujet qui ne fait pas partie de leurs prérogatives tout comme Donald Trump a critiqué le relèvement des taux par Jerome Powell, contrevenant également à l'indépendance de la Fed. 

Que Mario Draghi se rassure néanmoins ! A la question de savoir si le relèvement des taux générera des problèmes dans le secteur financier, Daniel Gros, qui sera invité à présenter ses travaux sur le sujet à Vienne, a répondu "non". Selon Bloomberg en effet, le directeur du centre de recherche CEPS (Center for European Policy Studies) estime que le relèvement des taux sera très progressif et permettra d'améliorer le bilan des banques, de soutenir le crédit et in fine la croissance. Le chercheur devrait également dénoncer le risque d'un nouveau report du premier relèvement des taux directeurs qui priverait la BCE de l'outil des taux en cas de retournement de cycle. "Le maintien de taux bas à long terme pourrait conduire à l'accumulation de vulnérabilités", expliquera le chercheur vendredi. De quoi conforter le président de la BCE, qui entend bien entamer le relèvement des taux avant de quitter l'institution à la fin du mois d'octobre 2019...

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article