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Japon
Le Japon, friand de dette française
La France comme l'Allemagne continuent de bénéficier de taux au plus bas, dans un contexte de montée des incertitudes sur les marchés boursiers et donc de reflux des investisseurs vers les valeurs refuge. Le dix ans allemand se traitait ainsi ce matin autour de 0,31%, contre 0,445% début juillet, tandis que l'OAT s'échangeait à 0,684% contre 0,734% début juillet. La garantie pour les investisseurs depuis la conférence de la BCE début juin, que la banque centrale conservera ses taux directeurs aux niveaux actuels "au moins jusque l'été 2019" a également permis de faire baisser les rendements souverains dans l'ensemble de la zone euro depuis deux mois.
Mais la dette de la France a bénéficié d'un coup de pouce supplémentaire au début de l'été. Ainsi, selon les données du ministère des Finances japonais, les investisseurs nippons ont acheté pour plus de 5 milliards de dollars de titres de l'Hexagone au cours du mois de juin, tandis qu'ils ont vendu pour 4,09 milliards de dollars de Treasuries et 700 millions d'obligations allemandes. Ce qui a permis de faire baisser le spread France-Allemagne, qui est passé de 36,7 points de base au 1er juin à 28,9 points de base au 1er juillet.
Le retour des investisseurs nippons sur la dette française est une bonne nouvelle pour le pays, alors que le Japon représente toujours le deuxième plus gros détenteur d'emprunts français après les Britanniques selon le FMI, et alors que les investisseurs du pays avaient quelque peu délaissé les titres de l'Hexagone l'an dernier, à l'approche de l'élection présidentielle. Historiquement, l'écart de taux entre la France et l'Allemagne a tendance à se réduire quand le Japon achète de la dette française, souligne Nomura dans une note, ce qui s'est donc produit au début de l'été.
L'intérêt des Nippons pour la dette française est d'autant plus déterminant pour l'Hexagone que la détention de titres français par des investisseurs étrangers n'a jamais été aussi basse : selon les données de la Banque de France, les non-résidents représentaient 54,6% des détenteurs d'obligations françaises à la fin du premier trimestre 2018, contre 56,6% un an plus tôt et 59,8 au T1 2016. Et cette proportion avait même atteint 70% au premier trimestre 2010 ! Une tendance pas spécifiquement française, puisque la détention de dette étrangère par des investisseurs étrangers a également diminué depuis dix ans en Allemagne et en Espagne, où tout comme en France ils représentent tout de même toujours près de la moitié des détenteurs de titres. Selon les analystes, les investisseurs étrangers en dette allemande ou française devraient rester majoritaires dans les prochaines années, à la fois grâce à l'amélioration de la conjoncture économique en zone euro et parce que les banques centrales étrangères, principales détentrices de dette européennes parmi les investisseurs étrangers, sont contraintes de conserver un certain équilibre dans la répartition de leurs titres étrangers.
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