Politique économique / PIB / consommation / croissance
Politique économique
PIB / consommation / croissance
Le ralentissement de la consommation plombe la croissance française
L'objectif de 2% de croissance retenu par le gouvernement pour cette année, semble de plus en plus difficile à atteindre. Car, après un début d'année décevant mis sur le dos de facteurs temporaires, l'INSEE a de nouveau dévoilé un deuxième trimestre atone, avec un PIB en hausse de 0,2% seulement, soit le même niveau qu'entre janvier et mars. L'acquis de croissance pour 2018 c'est-à-dire l'évolution du PIB si l'activité stagnait sur les deux prochains trimestres, n'est plus que de 1,3% soit très loin des prévisions de l'Etat. Qui dans ce cas de figure, verrait aussi son scénario de retour du déficit à 2,3% du PIB, anéanti.
0,2% de croissance au deuxième trimestre, c'est moins que ce que prévoyait le consensus, qui tablait sur un rebond de 0,3%, grâce au redémarrage de la consommation. Las, celle-ci a au contraire reculé, passant de 0,2% au premier trimestre à -0,1% entre mai et juin. Un ralentissement que l'INSEE explique à la fois par le recul de la consommation d'énergie (-1,7% après +0,8% au T1) "en raison de températures supérieures aux normales saisonnières en avril". Et par un net repli dans les dépenses de transport (-3,2% après +1%) lié aux vastes mouvements de grève du printemps. Bref, cette stagnation de la croissance française serait de nouveau due à des facteurs temporaires, et les autorités comptent sans doute sur l'effet coupe du monde pour booster la demande des ménages en juillet et relancer la machine consommation au troisième trimestre.
Certes il faut reconnaître que les autres composantes du PIB sont plutôt de bonne facture, avec une accélération de la production totale de biens et services (+0,2% après +0,1%), et une nette reprise de l'investissement des entreprises (+0,7% après +0,1%) et des exportations (+0,6% après -0,4%). Même si les importations ont également progressé (+1,7%) et n'ont donc pas permis au solde extérieur de contribuer positivement à la croissance du PIB. Mais le dérapage de la consommation des ménages depuis le début de l'année n'est sans doute pas le seul fait de facteurs temporaires, et résulte également d'une détérioration du pouvoir d'achat directement directement lié aux mesures fiscales instaurées par le gouvernement : la hausse de la CSG de 1,7 point, le relèvement des taxes sur le tabac et le carburant au début de l'année, ont clairement pesé sur le portefeuille des Français. Et ces hausses d'impôts ne seront que partiellement compensées par la baisse de la taxe d'habitation, sachant que celle-ci n'aura d'effet qu'en novembre prochain, pour les contribuables mensualisés, soit les 2/3 d'entre eux (et 20% des contribuables ne bénéficieront pas de ristourne). L'accélération attendue de la croissance pour la seconde partie de l'année pourrait donc tarder à se manifester, et n'avoir lieu qu'au dernier trimestre, une fois que les ménages regagneront un peu de pouvoir d'achat. Le Président Emmanuel Macron, qui avait promis de libérer le pouvoir d'achat des salariés, a donc pour l'instant grevé le portefeuille des Français.
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