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Politique économique / Donald Trump / consommation / Etats-Unis

Politique économique
Donald Trump / consommation / Etats-Unis

Donald Trump va-t-il réussir à saper une consommation US florissante ?

Cyber Monday s’est traduit par un record historique de ventes en ligne aux États-Unis, dont 2,2 milliards de dollars d’achats via smartphones, signe que la demande est particulièrement dynamique. Mais le Président américain a indiqué vouloir poursuivre de nouveaux tarifs douaniers, notamment sur les iPhones.
Donald Trump
Donald Trump

La nouvelle aurait dû propulser le titre Apple ce matin, pourtant le phénomène est inverse, pour de pures considérations politiques. Ce matin, Adobe Analytics a dévoilé les chiffres de Cyber Monday, qui ont encore atteint un nouveau record historique : 7,9 milliards de dollars de ventes en ligne, en hausse de 19,3 % sur un an. Soit bien plus que les 6,2 milliards de dollars générés pour Black Friday et les 3,7 milliards du jour de Thanksgiving, le jeudi. Surtout, les ventes via smartphones ont explosé de 55,6 % à 2,2 milliards de dollars, et plus de la moitié du trafic s’est faite via un smartphone. Les consommateurs ayant largement adopté le système du "click & collect", qui consiste à commander en ligne et retirer sur place, en hausse de 65 % sur un an.

Des statistiques qui mettent plus que jamais en valeur l’omniprésence des smartphones dans la vie courante, y compris pour le shopping en ligne. Néanmoins, le titre Apple n’a pas bénéficié de cette consommation euphorique, bien au contraire : il chutait de 1,8 % à l’ouverture, alors que Donald Trump a envisagé, dans une interview au Wall Street Journal, d’introduire de nouvelles barrières douanières sur le reste des 267 milliards de dollars d’importations chinoises, dont les iPhones. "Peut-être, peut-être, tout dépendra du taux. Si je le mets à 10 %, les gens pourraient le supporter très facilement", a-t-il déclaré. Et de lancer son habituelle pique : "Je leur conseillerais de construire des usines aux États-Unis et de faire leur produit ici. Ils ont beaucoup d’autres solutions". Ces propos contrastent avec ceux tenus par ses proches lieutenants dans l’administration, qui avaient indiqué que les iPhones et autres ordinateurs portables pourraient être exclus de ce nouveau tour de vis pour éviter un choc de la consommation.

En outre, le Président américain a jugé qu’il était "très improbable" qu’il revienne sur la hausse de ses tarifs douaniers de 10 % à 25 % sur les 200 milliards de dollars d’importations chinoises, fixée au 1er janvier. Un ton particulièrement offensif, alors même qu’il doit rencontrer son homologue chinois, Xi Jinping, lors d’un G20 en Argentine cette semaine. L’homme d’affaires est certes habitué aux menaces pour obtenir gain de cause dans le cadre de ses négociations, mais force est de constater qu’il joue ici gros. D’autant qu’en parallèle, l’Empire du Milieu ne cesse de donner des gages de son ouverture auprès des sociétés US, lorsqu’il a par exemple autorisé American Express à ouvrir un service de cartes de crédit ou a autorisé United Technologies à racheter le fabricant de pièces détachées d’avions, Rockwell, pour 23 milliards de dollars.

Car si le locataire de la Maison Blanche n’a que les intérêts des Américains à la bouche, les tarifs douaniers décidés et leurs représailles risquent de coûter cher à ses compatriotes. Selon une étude d’ImpactECON, la guerre commerciale pourrait coûter 2.400 dollars à chaque foyer américain en 2019, sous la forme de prix plus élevés, et de salaires et investissements plus faibles. Et si ces tarifs devaient rester en place, la charge se monterait à 17.300 dollars par foyer d’ici 2030.

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