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Donald Trump / Etats-Unis / Twitter / Pfizer
Le pouvoir des tweets du Président américain
Les prix des médicaments étaient déjà un des chevaux de bataille de Donald Trump sur Twitter. A l’été dernier par exemple, lorsque Ken Franzier le CEO de Merck Pharma avait démissionné à la suite de ses propos sur les incidents de Charlottesville, le Président américain avait répliqué que cela lui donnerait « plus de temps pour baisser l’arnaque des prix des médicaments ! ».
Mais cette fois, il a eu gain de cause auprès d’un autre géant, Pfizer, qui après avoir annoncé des hausses de prix sur plus de 40 de ses médicaments, s’est pris en retour un tweet présidentiel qui a jugé qu’il devrait « avoir honte » de ces hausses « sans raison ». Cette sortie a donné lieu à une rencontre entre le locataire de la Maison Blanche et le CEO de Pfizer, Ian Read, qui a décidé de reporter cette décision jusqu’à ce que les mesures présidentielles pour lutter contre les hausses des coûts de santé, annoncées par le Président en mai dernier, soient mises en œuvre.
Cette décision a de profondes conséquences sur l’intégralité du secteur de la santé, et en particulier les intermédiaires comme les grossistes et gestionnaires de coûts pour les assurances. Ces acteurs sont d’autant plus mis sous pression depuis qu’Amazon a annoncé la reprise de Pillpack, un distributeur en ligne de médicaments, il y a deux semaines. Le géant de l’e-commerce a donc pour ambition de disrupter un secteur particulièrement inefficient aux Etats-Unis, mais devra composer avec des assureurs, des gestionnaires et une série de parties prenantes pour s’imposer.
Quoi qu’il en soit, l’exemple de Pfizer démontre en quoi la nouvelle arme de communication Twitter sert à des victoires personnelles pour Donald Trump. Le Président avait déjà critiqué par ce biais l’ouverture d’une usine au Mexique par Ford, Toyota ou encore General Motors, et a parfois obtenu des garanties. Les patrons de ces grandes sociétés cotées se retrouvent ainsi en porte-à-faux entre la nécessité de tenir leurs engagements et de contrôler leurs coûts, sans trop souffrir en Bourse d’un tweet assassin. De ce point de vue en tout cas, l’impact est limité, comme le démontre l’indice Trump target instauré début 2017 par le Wall Street Journal, et qui indique que les cibles avaient globalement surperformé le S&P 500 et le Dow Jones sur un an.
Mais le risque de réputation est plus pernicieux, et Donald Trump l’utilise à son avantage pour montrer du doigt les mauvais élèves. Le CEO de Pfizer est ainsi réputé pour être un des plus vocaux à défendre les hausses de prix, jugeant que c’est le système de santé qu’il faut réformer, mais a tout de même cédé à la pression présidentielle. Donald Trump obtiendra-t-il les mêmes concessions de ses partenaires de l’OTAN et en particulier de l’Allemagne, qu’il a à nouveau attaqué sur la Toile mercredi ? La stratégie semble nettement moins payante…
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