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Audition de la tech : des plans de comm’ très maladroits

Face au tollé, les géants de la tech ont eu des réactions divergentes : mea culpa pour Facebook et Twitter puis des efforts d’action et de transparence, opposition farouche de Google. Mais alors que Sheryl Sandberg et Jack Dorsey sont en pleine audition devant le Sénat, le type de régulation déprendra de leur collaboration.
Facebook - illustration - réseau social
Facebook - illustration - réseau social

Alors que l’audition de Mark Zuckerberg en avril dernier avait parfois tourné au gag, tellement les sénateurs semblaient peu au fait des réseaux sociaux et de leurs enjeux, les législateurs étaient bien mieux préparés ce matin pour passer au grill la COO de Facebook, Sheryl Sandberg, et le CEO de Twitter, Jack Dorsey. L’objectif pour eux : démontrer qu’ils ont pris les initiatives nécessaires pour identifier les incursions étrangères dans les réseaux sociaux, les faux comptes et la propagation de "fake news". Dès la veille, le fondateur de Facebook avait publié une tribune dans le Washington Post - contrôlé par Jeff Bezos - pour lister les mesures mises en place de manière proactive, notamment une archive publique sur l’origine et le financement des publicités, afin d’assurer une plus grande transparence. "Tout le monde - les gouvernements, sociétés tech et experts indépendants - doit faire un meilleur travail pour partager les signaux et informations que nous avons pour prévenir ce genre d’abus", affirmant qu’il en va ainsi afin de "protéger la démocratie américaine d’une interférence extérieure".

La menace est diffuse - les faux comptes viennent du Brésil, d’Iran aussi bien que de Russie - et les géants de la tech utilisent l’intelligence artificielle pour identifier les actions frauduleuses. Mais le secteur entier se retrouve face à une responsabilité sans précédent, et face au tollé provoqué par les dérapages, les réactions ont été très diverses. Chez Facebook, cela a d’abord été silence radio pendant plusieurs jours après les révélations sur Cambridge Analytica, une réaction qui, de l’aveu de la COO, a été leur pire erreur de communication. Ensuite, Mark Zuckerberg, qui n’ambitionnait rien de moins que d’éradiquer les maladies mondiales et était murmuré comme futur candidat présidentiel, a battu en retraite lors de son audition. Il a plaidé avoir créé Facebook lorsqu’il était étudiant, avec son colocataire, et n’ayant aucune idée de l’ampleur que le réseau social prendrait. Aujourd’hui, le groupe s’efforce de montrer patte blanche et de démontrer sa bonne volonté, même s’il ne donne pas toutes les informations aux législateurs.

De son côté, Jack Dorsey a lui aussi joué sur le mea culpa, affirmant ce matin devant le Sénat que Twitter "s’est retrouvé non préparé et mal équipé" pour répondre à ces immixtions étrangères et diffusion de fausses informations. Plus timide et peu habitué aux interventions publiques que Sheryl Sandberg - qui a travaillé pour le Trésor - ce dernier a tenté de démontrer que le réseau social chéri par Donald Trump avait pris des décisions pour empêcher de nouveaux dérapages, mais la propension du Président à attaquer violemment ses détracteurs laisse circonspect, comme en témoigne le titre Twitter, qui perd plus de 5% à la Bourse de New York.

Quoi qu’il en soit, Facebook et Twitter ont montré un front uni face aux législateurs, et la volonté de collaborer à une réglementation indispensable. Ce qui dénote avec la réaction de Google, qui a refusé d’envoyer Larry Page ou Sundar Pichai devant les sénateurs, et affiche un comportement plus défensif et regrettable. L’attitude des géants de la tech sera clé pour adapter de nouvelles lois et faire en sorte qu’elles ne dissuadent pas l’innovation ni la connexion entre les milliards d’humains sur cette planète, surtout sur des sujets hautement politiques et subjectifs. L’enjeu est d’envergure : l’avenir des démocraties de ce monde et en particulier de la première d’entre elle, dont l’image a déjà été écornée, à deux mois à peine des élections de mi-mandat.

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