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Pfizer / covid-19 / vaccin / BioNTech / Albert Bourla / Comirnaty
L’âge d’or du Covid est passé pour Pfizer / Pour compenser, le groupe mise sur les lancements de produits et les acquisitions
"Les meilleurs jours de Pfizer sont devant nous". Le docteur Albert Bourla, le directeur général du géant pharmaceutique américain repassé l’an dernier devant son compatriote Johnson & Johnson au classement du secteur s'est montré optimiste après "la meilleure année de l'histoire de l'entreprise sur tous les plans ". La société pharmaceutique a réalisé l'an dernier un chiffre d’affaires historique de plus 100 milliards de dollars, pour un bénéfice de 31,4 milliards de dollars, soit 5,47 dollars par action, contre 22 milliards de dollars en 2021.
Et pourtant, l’âge d’or du Covid-19 est passé pour l’entreprise qui a le plus profité du monde de la manne de la pandémie. Pfizer a vendu pour 37,8 milliards de dollars de son vaccin anti-Covid, appelé Comirnaty, l’an dernier, en légère hausse de 3% par rapport à 2021. Les ventes de Paxlovid, son médicament contre le Covid-19, ont bondi à 18,9 milliards de dollars pour la première année complète de disponibilité de cette pilule antivirale.
Les ventes combinées du vaccin et du traitement antiviral anti-Covid de Pfizer ont généré plus de revenus l'an dernier que le total des ventes du groupe en 2019, avant que la pandémie ne se transforme en une crise sanitaire mondiale qui a tué plus de 6,8 millions de personnes.
Mais le groupe sait d’ores et déjà qu’il ne rééditera pas cette performance en 2023. Pfizer a annoncé mardi tabler pour cette année sur un chiffre d'affaires en baisse d'un tiers, dans une fourchette entre 67 et 71 milliards de dollars, alors que la demande de vaccins a chuté. La pandémie ralentit nettement dans le monde, les pays adaptant leur stratégie tandis que le nombre de personnes recevant des doses de rappel diminue. Aux Etats-Unis, La Maison blanche a décidé de mettre fin à l’état d’urgence décrété il y a près de trois ans, ce qui conduira à l’arrêt des subventions fédérales des traitements et assurances. Un mouvement appelé à s’étendre dans tous les pays, les circuits commerciaux traditionnels prenant le relais des commandes gouvernementales.
En conséquence, le groupe anticipe pour cette année des ventes de 13,5 milliards de dollars pour son vaccin contre le Covid-19, soit environ le tiers des 37,8 milliards de dollars de ventes de l'année dernière, a annoncé la société.
Vers une double vaccination grippe-Covid-19
Pour autant, "l'hypothèse est que le Covid ne disparaîtra pas", selon le Dr Bourla, tandis que le groupe s’attend à conserver sa position de leader. Sur le quart environ de la population américaine qui devrait recevoir des doses du vaccin Covid-19 cette année, au lieu du tiers l’an dernier, Pfizer pense pouvoir conserver sa part de marché de 64%.
Après un point bas cette année lié aux importants stocks de vaccins des Etats, les revenus tirés des produits anti-Covid pourraient même repartir à la hausse en 2024. Le relais de croissance pourrait venir ensuite de la commercialisation d’un vaccin combiné contre la grippe et le Covid à l'horizon 2025, alors que Pfizer et son partenaire, le laboratoire allemand BioNTech, ont récemment annoncé le lancement d’une étude de vaccin combiné basé sur la technologie d’ARN messager du premier vaccin contre le Covid.
En parallèle, le groupe compte aussi sur le lancement de nouveaux produits ou sur de nouvelles indications pour ses médicaments existants pour stimuler sa croissance. Pfizer prévoit de lancer dans les mois à venir plusieurs nouveaux produits, notamment un vaccin contre contre le virus respiratoire syncytial (VRS) pour les personnes âgées, ainsi que des traitements contre le cancer et la perte de cheveux. "En ce qui concerne l'année 2023, nous prévoyons une croissance des ventes de 7 à 9 %, hors produits Covid-19 ", a indiqué David Denton, le directeur financier, et ce malgré les effets anticipés négatifs des taux de change. Le groupe est par ailleurs dans les temps de son objectif de 25 milliards de dollars d’acquisitions à l’horizon 2030, a-t-il observé, l’objectif étant de compenser la baisse de revenus d’environ 17 milliards de dollars qui découlera des expirations de brevets.
Un ensemble de nouvelles que les investisseurs avaient visiblement en grande partie intégré. A Wall Street, l’action Pfizer s’inscrivait mercredi en légère baisse de 0,9% à 43,8 dollars à mi-séance.
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