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Unilever / Pfizer / GSK
Unilever prêt à monter au ciel pour grossir dans la santé
Les entreprises ne sont pas rassasiées malgré une année 2021 record en matière de fusions-acquisitions. Il n’aura fallu que quelques semaines pour que la cession de l’actif historique d'Unilever qu’étaient les thés Lipton soit suivie d’un projet d’acquisition tout aussi important. Désormais le géant britannique passe à l’offensive sur le dossier GlaxoSmithKline (GSK). Le groupe aux multiples branches (agroalimentaires, produits d’hygiène et ménagers) a formulé trois offres pour acquérir le département de santé grand public de GSK, GlaxoSmithKline Consumer Healthcare (coentreprise possédée à 32 % par Pfizer et 68 % GSK). Une entité dont l’acquisition est qualifiée par un communiqué du groupe comme "très complémentaire pour Unilever avec un bon potentiel de synergies".
Pour le groupe britannique, il s’agit de prendre une orientation stratégique vers "la santé, la beauté et l'hygiène", et de sortir de son cœur de métier orienté historiquement vers l’alimentaire. Unilever est depuis plusieurs mois en train de "remodeler son portefeuille" et les offres importantes formulées à GSK en sont la preuve : la dernière en date du 20 décembre était d’un "total de 50 milliards de livres, dont 41,7 milliards de livres en numéraire et 8,3 milliards de livres en actions d'Unilever".
Ce portefeuille en pleine mutation et pourrait continuer à l'être puisque les "acquisitions majeures" à venir annoncés par GSK vont selon toute vraisemblance "s’accompagner de l'accélération de la cession de marques et activités à croissance plus faible". Si le revirement stratégique est ambitieux, il reste plusieurs obstacles majeurs avant qu’il ne soit réussi : en premier lieu, celui d’arriver à convaincre GSK et Pfizer dont la presse britannique rapporte qu’il jugerait également défavorablement l’offre. Pour l’instant les trois offres successives ont été estimées comme sous évaluant la valeur GSK Consumer Healthcare et également ses perspectives de croissance. La volonté d’Unilever de se positionner sur "des catégories à forte croissance" risque donc de lui coûter cher s’il souhaite réussir à acquérir GSK Consumer Healthcare avant que le projet d’introduction en Bourse n’aboutisse. La Bourse est l’issue vers laquelle on se dirige si aucune offre satisfaisante n’arrive de la part d’un investisseur.
Si Unilever n’a pas la tâche aisée pour réaliser une opération qui rentrerait dans les records de la City, le groupe n’a peut-être pas le choix pour dissiper les doutes quant à ses mauvaises performances boursières.
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