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Entreprises / Actions / Valneva / covid-19 / anti-covid / Pfizer / Moderna / IDT Biologika. / biotech

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Valneva / covid-19 / anti-covid / Pfizer / Moderna / IDT Biologika. / biotech

Valneva dos au mur pour la vente de ses stocks de vaccin anti-covid

Valneva va verser un peu plus de 40 millions d'euros d'indemnisation à son partenaire allemand pour la fabrication de son vaccin contre le covid-19. La biotech franco-autrichienne doit maintenant impérativement écouler ses stocks de vaccins pour éviter d'autres surcoûts.  
Valneva doit écouler les 8 à 10 millions de doses de son vaccin contre le Covid-19 - Rafael Henrique / SOPA Images
Valneva doit écouler les 8 à 10 millions de doses de son vaccin contre le Covid-19 - Rafael Henrique / SOPA Images

Être le seul laboratoire français à avoir développé un vaccin anti-covid autorisé à la vente dans l’Union européenne (UE) ne porte décidément pas chance à Valneva. En réduisant cet été à la portion congrue l’accord d’achat qu’elle avait signé en novembre de l’année dernière avec la société de biotechnologie, la Commission européenne a placé celle-ci dans une situation inconfortable, vis-à-vis de ses fournisseurs notamment.

Valneva vient ainsi de mettre fin à sa collaboration avec la société allemande IDT Biologika. La collaboration avait débuté l’an dernier dans la foulée du contrat initial avec l’UE, qui prévoyait la livraison de 24,3 millions de doses en 2022 avec la possibilité de monter jusqu’à 60 millions de doses. IDT Biologika était chargé de produire la substance active du vaccin dans ses installations de niveau 3 de biosécurité à Dessau-Roßlau, en Allemagne, en plus de la production de Valneva sur son site de Livingston, en Ecosse. A l’époque, Valneva visait une capacité de production annuelle de 100 millions de doses de son vaccin anti-covid, y compris la production sous-traitée à IDT Biologika en Allemagne.

 

Indemnité compensatoire de 40,7 millions d'euros

 

Au lieu de cela, l’avenant conclu début août avec la Commission européenne ne prévoit plus la livraison que de... 1,25 million de doses. Ce qui, au vu du faible volume de commandes enregistré à ce jour, a conduit Valneva à suspendre la production de son vaccin. Mais, IDT Biologika ayant d’ores et déjà fabriqué et livré à Valneva un certain volume de la substance active du vaccin, Valneva doit logiquement indemniser son partenaire. La biotech française versera donc à son homologue allemande jusqu’à 36,2 millions d’euros en cash et l’équivalent de 4,5 millions d’euros correspondant à du matériel acheté antérieurement, ont annoncé vendredi les deux parties.

Heureusement, les finances de l’entreprise franco-autrichienne lui permettent facilement de supporter cette dépense. A fin juin, Valneva disposait d’une position de trésorerie et équivalent de trésorerie de 336,2 millions d’euros, dont 90,5 millions d’euros provenant de l’entrée en juin au capital du géant américain Pfizer, en échange de 8% du capital. Le groupe a également mise en place en août un programme "At-the-Market (ATM)" sur le Nasdaq, lui permettant d’émettre jusqu'à 75 millions de dollars sous forme d’American Depositary Shares (ADS).

 

Un risque évalué à 140 millions d'euros

 

Si la situation financière de l’entreprise peut sembler confortable, son évolution va toutefois dépendre aussi de sa capacité à écouler les stocks constitués de vaccins non commandés, qui représentent entre 8 et 10 millions de doses qu’il va falloir vendre sur le marché international dans les six à douze prochains mois. Compte tenu du délai de péremption, "si Valneva ne trouvait pas d’acquéreurs pour ses stocks de vaccins, alors la destruction de ceux-ci ou l’impossibilité d’utilisation représenterait une perte de valeur significative", prévient le courtier Invest Securities, qui évalue le manque à gagner entre 110 et 138 millions d’euros sur la base du prix unitaire de 13,83 euros par dose estimé dans le cadre du contrat établi avec la Commission européenne. La Bourse n'est d'ailleurs pas très rassurée vis-à-vis de ce risque, l'action Valneva chutant lundi de 12%, à 7,1 euros, au plus bas depuis décembre 2020.

Il faut ainsi espérer que les résultats de l’essai clinique en cours visant à évaluer le potentiel du vaccin de Valneva en tant que rappel après des schémas de primovaccination avec un vaccin à vaccins à ARN messager (tels que ceux de Pfizer ou Moderna), soient positifs, ce qui aiderait à débloquer la situation en suscitant des commandes. En attendant, Valneva a commencé à livrer les doses de son vaccin Covid-19 aux Etats membres européens qui en ont commandé, soit l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande et Bulgarie. L’occasion de souligner que la France n’y participe pas, ce qui peut sembler surprenant s’agissant du seul vaccin français…

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