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Valneva / covid-19 / Chicungunya / Lyme

Pour Valneva, le Covid ne tient plus qu'à un fil

Valneva a quasiment fait une croix sur les perspectives de son vaccin anti-covid. Mais la société de biotechnologies cotée à Paris et au Nasdaq bénéficie d'une reprise de ses activités historiques dans les vaccins du voyageur et de perspectives prometteuses dans la maladie de Lyme et le Chikungunya.
Le vaccin anti-covid de Valneva ne compte plus beaucoup dans les perspectives de la société -  Credit Image: © Rafael Henrique/SOPA Images
Le vaccin anti-covid de Valneva ne compte plus beaucoup dans les perspectives de la société - Credit Image: © Rafael Henrique/SOPA Images

Succès scientifique et commercial ne vont pas forcément de pair. En attendant le sérum que Sanofi et son partenaire britannique GlaxoSmithKline (GSK) espèrent encore mettre sur le marché dans le courant de cette année, Valneva demeure à ce jour le seul laboratoire français – franco-autrichien pour être exact – à avoir su relever le défi du vaccin contre le Covid 19. La lecture des résultats semestriels de la société de biotechnologies basée à Saint-Herblain, près de Nantes, confirme cependant qu’elle ne profitera sans doute jamais de la manne financière du vaccin contre le coronavirus. Sur un chiffre d’affaires semestriel total de 93,2 millions d’euros, en forte hausse par rapport aux 47,5 millions d’euros du premier semestre 2021, seulement 3,8 millions d’euros proviennent des premières ventes du vaccin anti-covid de Valneva. Il s'agit de livraisons à Bahreïn. Et les perspectives de commandes que le Royaume-Uni et la Commission européenne faisaient autrefois miroiter ont quasiment disparu.   

D’ailleurs, l’importante croissance du chiffre d’affaires global au premier semestre est largement due aux 89,4 millions d’euros de l’accord de règlement à l’amiable conclu en juin avec le gouvernement britannique à la suite de la résiliation par Londres de l'accord de fourniture du candidat vaccin contre la Covid-19 de Valneva. La Commission européenne a peu ou prou suivi le même chemin. Après l’annonce en mai de son intention de résilier son contrat de fourniture du vaccin Covid-19 de Valneva, Bruxelles a finalement "convenu" avec Valneva fin juillet de réduire drastiquement sa commande à seulement 1,25 million de doses, loin des 24,3 millions de doses prévus initialement (un volume déjà très faible dans l’absolu comparé aux autres vaccins sur le marché) et même des 60 millions de doses envisagées avec les options prévues au contrat qui avait été signé en 2021.

Il faut toujours comparer ce qui est comparable. Les 32 milliards de dollars de ventes envisagées par le géant américain Pfizer pour son vaccin Comirnaty en 2022 appartiennent évidemment à une autre dimension, mais il a longtemps semblé que le marché du vaccin du Covid-19 de Valneva ne serait pas réduit à une portion aussi congrue. La société prévoit désormais de constituer des stocks en vue d'un éventuel approvisionnement supplémentaire des États membres si la demande augmente. Elle s’efforcera en parallèle de vendre huit à dix millions de doses sur les marchés internationaux. En tout et pour tout, Valneva ne vise plus que 30 à 40 millions d’euros de ventes pour son vaccin anti-covid cette année, loin des 350 à 500 millions d’euros que le groupe espérait en début d’année. De quoi poser la question de la poursuite du projet.

La perte opérationnelle de 150,4 millions d'euros enregistrée par la société au premier semestre, contre une perte de 86,2 millions sur la même période en 2021, s'explique essentiellement par la perte opérationnelle du programme Covid-19, représentant respectivement 110,7 millions et 55,5 millions d'euros au 30 juin 2022 et au 30 juin 2021.

L’avenir du programme s'écrit désormais en pointillé. "Etant donné le faible volume de commandes des États membres de l'UE, nous ne pourrons continuer à investir dans le VLA 2001 (nom du vaccin) ou dans tout autre vaccin Covid de deuxième génération potentiel qu’à la condition de pouvoir conclure des contrats supplémentaires", a prévenu Thomas Lingelbach, le président du directoire de Valneva, en commentant les résultats semestriels.

Fort heureusement, le marché des vaccins du voyageur, l’activité historique de la société, bénéficie d’une forte reprise logiquement liée à celle du tourisme. Le portefeuille de produits de Valneva inclut deux vaccins du voyageur, l’un contre l’encéphalite japonaise et l’autre dans la prévention du Choléra. Pour l’ensemble de ces deux produits, le groupe vise désormais des ventes comprises entre 70 et 80 millions d’euros cette année.

Par ailleurs, le vaccin contre la maladie de Lyme développé en partenariat avec Pfizer suit sa feuille de route. Les deux groupes ont tout récemment annoncé le lancement de l’étude clinique de phase 3 de ce qui constitue le seul programme vaccinal dans le monde en cours d'essais cliniques contre la maladie de Lyme. De plus, "notre programme de vaccin contre le Chikungunya a atteint avec succès ses objectifs cliniques, ce qui nous permet de soumettre une demande d'autorisation de mise sur le marché" auprès de la Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine du médicament, a souligné Thomas Lingelbach.

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