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coronavirus La biotech Valneva crève le plafond

CORONAVIRUS. Alors que la pandémie a porté le cours de Bourse du jeune laboratoire franco-autrichien, le dépôt d’une demande progressive d’autorisation pour son vaccin contre le coronavirus au Royaume-Uni l’a fait littéralement exploser en une semaine.

+73,6% en sept séances : c’est le parcours stratosphérique que vient de connaître l’action Valneva depuis son cours de clôture du lundi 23 août. La biotech franco-autrichienne a clos hier sa septième journée consécutive de hausse à 21,04 euros (+10,6%), s’offrant même un bond de 27% en cours de séance.

Alors que le champion français Sanofi a déçu en étant l’un des rares grands laboratoires internationaux à ne pas avoir sorti de vaccin contre la Covid-19, la petite nantaise Valneva est portée aux nues après avoir annoncé la soumission progressive du dossier de demande d’autorisation de mise sur le marché de son candidat vaccin contre le coronavirus auprès des autorités de santé britanniques, la MHRA. Le prototype, baptisé VLA2001, est actuellement testé au Royaume-Uni dans le cadre d’un essai de phase 3, dont les résultats sont attendus en octobre prochain. La soumission progressive laisse supposer un certain optimisme de l’entreprise et une autorisation initiale fin 2021.

Le VLA2001 est le seul vaccin en Europe dit à "virus entier, inactivé et adjuvanté" (l’autre étant les chinois Sinovac et Sinofarm), par opposition au vaccin à "ARN messager" (ceux de BioNTech-Pfizer, Moderna et CureVac, qui utilisent non pas le virus lui-même mais des molécules d’ARN messager) et au vaccin à "vecteur viral non réplicatif", ou "adénovirus recombinant" (AstraZeneca, Janssen et la russe Spoutnik V, dans lesquels le code de la protéine du coronavirus, qui déclenchera la réponse immunitaire, est transporté dans un autre virus rendu inoffensif).

Si les campagnes de vaccination progressent dans le monde, la propagation inquiétante des variants du coronavirus – en particulier le variant Delta – laisse à penser que nous ne sommes pas arrivés au bout de la crise sanitaire et que les besoins (donc la demande) en vaccins utilisant des technologies différentes resteront importants. Le potentiel commercial du vaccin de Valneva est évalué à un milliard d’euros la première année.

En Bourse, la biotech s’est adjugée… 171% depuis le début de l’année. Les actionnaires de Valneva peuvent se réjouir d’avoir investi dans cette start-up médicale et d’avoir, ainsi, été plus clairvoyants que les autorités françaises et européennes. En effet, le VLA2001 n’est précommandé ni par la France, ni par l’Union européenne. Seul le Royaume-Uni y a cru – le pays a précommandé 190 millions de doses sur cinq ans pour 1,6 milliard d’euros. Résultat, la biotech – qui s’est également cotée sur le Nasdaq américain en mai dernier pour financer sa croissance – a implanté une usine de production près d’Edimbourg.

Cela dit, si l’on en croit certains professionnels de marché, l’engouement dont bénéficie l’action Valneva vient des investisseurs particuliers. Ce qui laisse entendre une certaine démesure dans l’appréciation du dossier, alors que rien n’indique que la biotech obtiendra une autorisation de mise sur le marché. Valneva développe aussi des vaccins contre le chikungunya, la maladie de Lyme, l’encéphalite japonaise et le choléra.

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