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Politique économique / Série d'été / covid-19 / S&P / chef économiste

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Série d'été / covid-19 / S&P / chef économiste

coronavirus Série les patrons et le "monde d'après" - Sylvain Broyer

CORONAVIRUS. WanSquare a interrogé plusieurs grands patrons de la finance, de l'industrie, des services, à la tête d'entreprises internationales, ainsi que des économistes de renom, afin de leur demander, trois mois après le début du confinement, comment ils abordaient "le Monde d'Après". C'est aujourd'hui Sylvain Broyer, chef économiste chez S&P qui nous livre sa vision de la France et de la mondialisation, post Covid. 
Sylvain Broyer
Sylvain Broyer

Y aura-t-il, pour vous, une "France d’après" cette crise sanitaire et économique ?

Disons plutôt que la France d’après s’est surtout construite avant… On a trop commenté comme un signe de décrochage de l’économie le plongeon du PIB français au premier trimestre, similaire à celui de l’Italie ou de l’Espagne. Certes, il est deux fois et demi plus important que celui du PIB allemand, mais cet écart s’explique assez largement par la nature et la rigueur des mesures de distanciation sociale prises pour endiguer la crise sanitaire. Cela ne doit pas faire oublier qu’en matière de compétitivité-coûts, l’économie française a continuellement progressé par rapport à l’Allemagne depuis 2012. Et cela ne concerne pas seulement les salaires ou l’industrie. C’est le produit de toutes les réformes menées. Depuis un quart de siècle, la croissance française n’a jamais été aussi forte en investissements productifs qu’aujourd’hui. Par ailleurs, les entreprises françaises ont découvert les vertus internationales de l’euro pour se lancer dans des stratégies d’acquisition à l’étranger qui profitent à l’emploi dans l’hexagone et facilitent le financement du déficit commercial. Toutes ces améliorations structurelles de l’économie française payeront dans le monde d’après la pandémie. On voit d’ailleurs, que depuis la levée du confinement, le rebond de l’activité est pour le moment plus fort en France qu’en Allemagne.

 

La crise du coronavirus va-t-elle rebattre les cartes de la mondialisation ?

La mondialisation, c’est un peu comme l’assemblage des minéraux en roche solide : elle résulte d’un processus extrêmement complexe, qui se nourrit du jeu combiné de forces multiples et insoupçonnées. Cette crise sanitaire aura des répercussions, à n’en pas douter, et elles seront prises dans un faisceau d’autres forces qui façonneront ensemble le monde de demain. Le monde que nous connaissons serait peut-être bien différent si Friedrich Hayek, grand architecte de la pensée néolibérale, Mahatma Gandhi ou encore George Clémenceau n’avaient pas tous survécu à la grippe espagnole ! De nos jours, les principaux vecteurs de l’économie mondialisée future semblent devoir être technologiques (digitalisation), démographiques (vieillissement de l’Europe et de la Chine, en contraste avec une Afrique vivace et juvénile) et environnementaux. Nos modes de production et de consommation futurs seront bien plus durablement affectés par notre décision collective de donner – ou pas – un prix au carbone que par une "deuxième vague" de cette pandémie. La transition vers une économie digitale et responsable, qui consisterait à expédier les données et les financements nécessaires à une production locale, plutôt que d’envoyer des biens de consommation d’un bout à l’autre de la planète aurait un impact sur nos sociétés bien plus grand que la vitesse à laquelle nous trouverons un vaccin contre le Covid-19

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