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Valneva / Royaume-Uni / Santé / biotech / secteur pharmaceutique / laboratoire / pharma
Le Royaume-Uni douche les espoirs de Valneva
Valneva se croyait au paradis, elle vient d’être envoyée au purgatoire. Le gouvernement britannique, qui avait permis à la biotech franco-autrichienne Valneva d’atteindre des sommets à la Bourse de Paris en passant une précommande de son candidat-vaccin contre le coronavirus pour 1,6 milliard d’euros, vient en effet de résilier son contrat.
"La MHRA [l'agence britannique de réglementation des médicaments, ndlr] n'a pas approuvé le vaccin de Valneva. Les commentaires de la société n'auront aucun impact sur notre approvisionnement en vaccins, qui ne faisait pas partie de notre campagne de vaccination pour l'automne et l'hiver", a indiqué un porte-parole du premier ministre britannique Boris Johnson, sans s’épancher davantage sur les raisons de cette résiliation.
Dans son propre communiqué, Valneva, qui est à l’origine de la révélation de cette nouvelle, explique que le gouvernement lui reprocherait un manquement à ses obligations. Sans pouvoir combattre cette décision – le laboratoire précise qu’une clause du contrat permet à son client de mettre fin au contrat – la startup la conteste bien évidemment. "Valneva a travaillé sans relâche et s’est investi au maximum de ses capacités dans sa collaboration avec HMG [le gouvernement britannique, ndlr], notamment en engageant des ressources significatives et en montrant une très forte implication afin de répondre aux demandes d’HMG sur des vaccins adaptés aux variants ", se défend la société.
Etant donné que Valneva venait de déposer auprès de la MHRA une demande d’autorisation de mise sur le marché de son candidat vaccin VLA2001, la décision de Londres surprend. A l’heure actuelle, on ne peut émettre que des hypothèses : soit le problème vient de Valneva (retard, problème de sécurité, difficultés d’approvisionnement, ou de financement…), soit des autorités outre-Manche. Soit celles-ci ont trouvé finalement moins cher ailleurs, ou plus rapide (la mise sur le marché était espérée fin 2021), à moins que la décision ne soit politique. La demande peut également être moins urgente : une première commande de 60 millions de doses avait été passée par le Royaume-Uni en septembre 2020, puis une seconde de 40 millions en février 2021, avec une option pour 90 millions supplémentaires d’ici à 2025, alors que le sujet de l’approvisionnement en vaccin était encore brûlant, notamment dans les pays européens. L’urgence est passée, outre-Manche tout au moins.
Pour Valneva, c’est la douche écossaise, même si le laboratoire indique qu’il va continuer "à être pleinement engagé dans le développement de VLA2001 et va accroître ses efforts avec d’autres clients potentiels". Son directeur général Franck Grimaud avait indiqué le mois dernier être toujours en négociation avec l’Union européenne, qui avait considéré en avril que Valneva n’avait pas rempli toutes les conditions nécessaires pour fournir son candidat vaccin aux 27 Etats membres. Aujourd’hui, Bruxelles attend surtout le futur vaccin du géant français Sanofi, dont les capacités de production sont évidemment sans commune mesure avec celle de Valneva, qui permet avec le Royaume-Uni sont plus gros client.
La réaction boursière est à mesure des conséquences de la décision britannique. L’action de la biotech s'est écroulée de près de 42% aujourd'hui (vers 11,6 euros), alors qu’elle s’était adjugé plus de 62% entre le 11 août (date où il a annoncé l’initiation d’un nouvel essai de phase 3 pour le VLA2001) et vendredi dernier. L’action affiche toutefois encore une hausse de 52% depuis le début de l’année.
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