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Fonds d'investissements / Sciences de la vie / biotechnologies / Sofinnova / Sofinnova Partners / pharmas / pharma / capital investissement / Venture Capital

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L’activité M&A des sciences de la vie prête à repartir ? / Les planètes du secteur ont commencé à se réaligner

Les sociétés des sciences de la vie ont fait le dos rond en 2022, soutenues par des capitaux levés avant la crise grâce à l’intérêt croissant du private equity pour le secteur, mais avec une activité de M&A ralentie par la faiblesse des valorisations. 2023 pourrait marquer le retour graduel des opérations, au sein d’une thématique soutenue par une accélération continue de l’innovation. Une amélioration dont ne manqueront pas de profiter les investisseurs spécialisés européens et notamment son champion français, Sofinnova Partners, récemment allié au géant américain Appolo.
Les opérations pourraient redevenir plus nombreuses dans les biotechnologies en 2023 - Marc VERPOORTEN/Reporters-REA
Les opérations pourraient redevenir plus nombreuses dans les biotechnologies en 2023 - Marc VERPOORTEN/Reporters-REA

La santé est quasiment passée entre les gouttes de l’effondrement du marché du financement l’an dernier, entre le ralentissement sans rupture de l’activité de M&A, la signature continue d’accords de licences entre grandes pharmas et sociétés de biotechnologies et le soutien des levées de fonds des acteurs du capital-risque en sciences de la vie. Sur le front des fusions-acquisitions, le rachat en décembre par le géant américain Amgen de la biotech irlandaise cotée Horizon Therapeutics pour 27,8 milliards de dollars, et la fusion des deux spécialistes danois des ingrédients et enzyme alimentaires Novozymes et Chr. Hansen, ont même illustré le retour de manœuvres d’une certaine envergure. 

Les fondamentaux du secteur s’y prêtent particulièrement il est vrai. Sa grande capacité d’innovation, confirmée dans l’épreuve du Covid avec l’émergence notamment de deux pionniers des vaccins Covid-19 à ARN messager Moderna et BioNtech y est pour beaucoup. " Il y a énormément de projets en cours développant des approches de thérapie génique ou cellulaires, ou de médecine de précision personnalisée. Le moteur d’innovation des biotechnologies ne fait qu’accélérer ", explique à WanSquare Cédric Moreau, associé chez Sofinnova Partners. 

 

Une nouvelle falaise des brevets

 

En face, " l’appétit des grandes groupes pharmaceutiques ne va faire que grandir" pour acquérir des produits qui vont les aider à remplacer leur portefeuille, souligne-t-il, alors qu’" un deuxième mur d’expiration de brevets se profile pour la fin de la décennie, comme cela avait été le cas entre 2005 et 2010 ". Et l’ampleur de ce nouveau cycle s’annonce considérable. "A horizon 2030, il y aura selon les chiffres 200 à 250 milliards de revenus qui vont tomber dans le domaine générique", prévoit Cédric Moreau. La recherche interne de ces grandes pharmas étant le plus souvent déficiente, elle s’appuie donc uniquement sur les acquisitions pour trouver des relais de croissance. Elles en ont les moyens, disposant, selon les sources, de montagnes de cash évaluées entre 300 et 500 milliards de dollars qu’elles peuvent déployer.

L’Europe, dans ce contexte, occupe une place particulière, avec un marché des biotechnologies au développement certes historiquement moins avancé qu’aux Etats-Unis, pionniers dans ce domaine, mais disposant d’un vrai terreau d’innovation. "Il y a les talents, il faut juste aider à faire grandir l’écosystème et en faire émerger les champions ", indique Cédric Moreau. Pour ce faire, alors que la santé est un secteur qui mobilise traditionnellement les financements publics, le financement privé s’est récemment développé sur le continent. 

"Les acteurs du private equity s’y intéressent davantage. Ils ont constaté qu’ils étaient sous-exposés, le secteur représentant autour de 5 à 6% de leurs investissements, contre un poids de 10% du PIB en Europe et de près de 20% aux Etats-Unis ", explique l’associé de la société de capital-investissement de référence pour les biotechs françaises. Un mouvement illustré par plusieurs opérations entre de grands acteurs du capital investissements qui se sont adjoints les services de sociétés spécialisées depuis quelques années. Comme le rachat dès 2018 de Clarus par Blackstone, celui l’an dernier du fonds anglais de sciences de la vie Abingworth par Carlyle. 

En France, en 2021, il y a eu Eurazeo qui s’est renforcé au capital de Jurma Partners, société de gestion française spécialisée dans les biotechnologies et l'innovation médicale et des biotechs. La même année, le suédois EQT s’est offert le vétéran néerlandais du capital-risque dans les sciences de la vie LSP. "Ces nouveaux acteurs disposant de gros moyens qui investissent le secteur du capital-risque et du venture dans la santé traduisent une véritable tendance de fonds", souligne Cédric Moreau, bien placé pour en parler, alors que Sofinnova lui-même s’est allié l’an dernier au géant américain Appolo. Celui-ci a pris une participation de 20% dans le venture capitaliste français et injectera 1 milliard d’euros dans ses stratégies, une manne considérable pour le plus gros acteur européen dans le domaine des sciences de la vie, avec 2,5 milliards d'euros d'actifs sous gestion, Appolo lui ouvrant aussi l’accès à une plate-forme très importante de nouveaux investisseurs. "Cela ne change pas l’ADN de la société, l’idée est celle d’un partenariat non-intrusif visant à nous aider à grandir ", explique Cédric Moreau.

 

La validation de l'expertise européenne

 

Pris tous ensemble, ces rapprochements entre grands acteurs du capital-investissement et société spécialisées marquent assurément la validation d’une expertise européenne dans le secteur, renforçant la thèse d’un terreau européen très fertile en termes d’innovation.

Comment envisager à présent 2023 en tant qu’investisseur ? Si les sociétés de biotechnologies ont pu traverser l’année 2022 sans trop de casse, soutenues par leurs "insiders" qui ont pu remettre au pot pour les aider à traverser une période difficile sur les marchés du financement, les valorisations ont souffert, limitant le nombre d’opérations de M&A. La situation semble toutefois à même de pouvoir se débloquer très progressivement. " Il y a eu une forme d’attentisme, les acteurs du private equity, comme nous-mêmes, n’étaient pas prêts à vendre leurs sociétés à des prix au tapis", indique Cédric Moreau. Tombées à la casse, les valorisations pouvaient difficilement aller plus bas cependant. Le marché s’est donc stabilisé et l’on commence à revoir des opérations alors que les intérêts des acheteurs et des vendeurs sont moins éloignés. "Les planètes sont en train de de nouveau d’un petit peu mieux s’aligner ", observe ainsi le partner, pour qui l’année 2022 doit certainement s’interpréter comme un "état transitoire au regard de tendances de fonds qui demeurent extrêmement bien orientées ". Une bonne raison, souligne-t-il, de "redevenir actif " sur un marché offrant " toujours de bonnes opportunités qu’il faut saisir plutôt maintenant, alors que les marchés comment à reprendre des couleurs".

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