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Les sorties de capital investissement tombent à un plus bas de 10 ans / Mauvais millésime également pour les investissements
Sans surprise dans un contexte de taux demeurés élevés et d’incertitudes économiques, le millésime 2023 du private equity ne restera pas dans les annales. L’an dernier, le montant des investissements de capital-investissement réalisés à l’échelle mondiale a chuté d’un peu plus de 25 %, s’établissant à 1 323,3 milliards de dollars (1 209,7 milliards d’euros), indique les premières données de Pitchbook concernant l’ensemble de l’année écoulée. Et ce, après les 1 770,1 milliards de dollars de 2022 et le record de 2 221,2 milliards de dollars de 2021. Dans le même temps, le nombre d’opérations a, lui, fondu de 20 % avec un total de 15 056 transactions, contre 18 856 en 2022, après 20 168 en 2021.
Compte tenu des niveaux hors normes atteints en 2021 et 2022, le recul de l’année dernière marque toutefois davantage un mouvement de correction qu’un effondrement. Pour autant, la tendance ne semble pas vouloir repartir. Nul signe d’inflexion positive au cours des derniers mois : le quatrième trimestre 2023 représente le trimestre le plus faible de l’année avec 286,2 milliards de dollars d’investissements, nettement en deçà des 375,9 milliards de dollars du troisième trimestre, quand les premier et deuxième trimestres s’étaient établis à 336,4 et 324,8 milliards de dollars.
Mais plus frappante encore est l’évolution des sorties, qui ont chuté de près de 27 %, tombant à 574,2 milliards de dollars, soit leur plus faible niveau depuis 2012, selon les données de Pitchbook. Une tendance encore plus marquée aux Etats-Unis, où les sorties sont ressorties 26,5 % inférieures à celles de 2022, à 225 milliards de dollars, un plus bas depuis 2011, qu’en Europe, où elles ont toute de même diminué de 18,5 %, à 205,2 milliards de dollars, leur niveau le plus faible depuis 2013.
D’ailleurs, toujours en Europe, en nombre d’opérations cette fois, et sans tenir compte des petites acquisitions dites "bolt-on", le rapport du nombre d’investissements en capital-investissement sur celui des sorties était à fin novembre à son plus haut niveau depuis 2010, indique Pitchbook.
Cette situation étant la conséquence d’un double phénomène. D’un côté, les faibles taux d’intérêt qui ont précédé le pic du marché haussier vers la fin de l’année 2021, ont permis aux GP’s d’accumuler des montants records de poudre sèche qu’ils ont ensuite activement déployée. Dans le même temps, les 18 derniers mois ont été caractérisés par un resserrement monétaire et une correction des valorisations, ce qui a entraîné une dislocation entre les attentes de prix des vendeurs et des acheteurs et un tarissement des sorties, en particulier sous forme d’introduction en Bourse, celles-ci étant devenues quasiment inexistantes.
Et ce déséquilibre entre le nombre d’investissements et de sorties est appelé à augmenter encore davantage en 2024 selon Pitchbook, qui estime que "les vents contraires macroéconomiques actuels persisteront, exerçant une pression supplémentaire sur les sorties par rapport aux investissements".
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