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Eurazeo mise plus que jamais sur les technologies
Etant donné le nombre d’entreprises de toutes tailles dont Eurazeo est actionnaire, les résultats semestriels de la société d’investissement donnent un point de vue intéressant sur les effets de la crise sanitaire sur l’économie – à ceci près qu’il existe un biais qualitatif par rapport à la moyenne des entreprises du fait que les professionnels du private equity choisissent d’investir dans des sociétés prometteuses ou leader.
En avril, afin de rendre compte des conséquences de la pandémie, Eurazeo avait réparti les entreprises de ses portefeuilles en quatre catégories : en 1 les activités peu affectées en raison d’une proportion élevée de revenus récurrents ou d’une exposition limitée (santé, technologies, les actifs logés dans Eurazeo Growth et l’activité de gestion d’actifs pour compte de tiers), en 2 les sociétés indirectement et ponctuellement exposées au confinement, en 3 les sociétés directement touchées mais capables de redémarrer assez vite, et en 4 les entreprises directement affectées de manière durable, qui regroupe les secteurs des voyages et des loisirs (Europcar, WorldStrides, Planet Payment et Grape Hospitality).
Frappée de plein fouet, cette catégorie a vu son Actif net réévalué (ANR) s’effondrer de 56% à 569 millions d’euros. Il est le principal contributeur de la baisse de l’ANR global d’Eurazeo (-12% à 5,56 milliards d’euros, soit 70,70 euros par action). Dans le détail, la situation économique a notamment conduit la société d’investissement à entièrement déprécier WorldStrides (voyages pour étudiants, en cours de restructuration financière) et à déprécier l’ANR de Planet Payment de 50%, tandis que le cours de l’action Europcar a chuté de 51% - la société de location de voitures, qui a publié ses comptes mardi soir, a quadruplé ses pertes au premier semestre.
L’ANR des entreprises classées en catégorie 3 a reculé de 14%, tandis que celui de la catégorie 2 est quasi stable (-1%) et celui de la catégorie 1 progresse de 4%. "L’ANR d’Eurazeo Growth (Doctolib, ManoMano, Back Market, Contentsquare…) a ainsi été revalorisé de 11% dans un contexte de forte hausse des indices technologiques (Nasdaq +14% YTD)", indique Eurazeo. Ces trois catégories affichent un ANR cumulé absolument stable, à 4,9 milliards d’euros.
Eurazeo a accusé une perte nette de 390 millions d’euros au premier semestre (contre un bénéfice net pro forma de 164 millions un an plus tôt), pour un chiffre d’affaires en baisse d’un quart, à 2,3 milliards d’euros. Ses pertes sont liées à l’absence de cessions importantes, en raison de la pandémie (Eurazeo n’a enregistré que 77 millions d’euros de plus-values au cours de la période contre 248 millions un an plus tôt), et surtout à 417 millions d’euros de dépréciations massives passées dans ses participations dans les voyages/loisirs, dont 333 millions pour le seul WorldStrides.
Pour la reprise à venir, Eurazeo souligne que les sociétés des catégories 2 et 3 ont en moyenne retrouvé en juin leur niveau d’activité d’avant la crise. Dans la catégorie 4, Grape Hospitality affichait en juin un taux de remplissage de plus de 50% dans ses hôtels rouverts, lesquels représentent 80% du parc. Europcar (dont Eurazeo détient encore 30% du capital) et WorldStrides restent à ce jour les principales épines dans le pied d’Eurazeo, susceptibles de peser sur son titre en Bourse. Lequel reculait de 1,2% vers 14h45 (à 44,86 euros), après avoir chuté de 5,6% en matinée.
La crise sanitaire a encore accru l’importance des technologies dans l’économie, comme l’attestent les résultats des divers actifs techs de la firme d’investissement. Laquelle va renforcer son prisme en la matière. "Nous comptons incarner le leadership européen de l’investissement technologique et accélérer la transformation numérique des autres entreprises du portefeuille", a expliqué ce matin Virginie Morgon, président du directoire d’Eurazeo. Le secteur de la technologie représente actuellement 25% de l’ensemble de la valeur des actifs gérés par la société.
Grâce à sa position de liquidité brute de 587 millions d’euros, une ligne de crédit renouvelable de 1,5 milliard d’euros (dont 400 millions ont été tirés et figurent donc dans le montant de liquidité brute) et quatre milliards d’euros d’engagements non tirés (dry powder), "Eurazeo affiche 5,7 milliards d’euros de ressources disponibles pour traverser la crise et saisir les opportunités d’investissement qui se présenteront", souligne Philippe Audouin, le directeur financier de la firme.
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