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Private equity : un marché français anémique

Le marché français et bénélux du private equity pourrait être le plus bas depuis 2013 en raison de l’effet Covid, selon PitchBook. Malgré la très grosse IPO des cafés JDE Peet’s fin mai, les sorties en LBO secondaires devraient primer.

Ces dernières années, la France et le Bénélux ont bénéficié de l’essor hors du commun du private equity, avec plus de 1.000 deals dans les cinq dernières années et pour un total de 126 milliards de dollars au pic du marché, en 2018. Plusieurs facteurs ont joué : la zone a notamment bénéficié du Brexit, qui a incité certains investisseurs à se déplacer du Royaume-Uni vers d’autres pays européens, mais aussi l’effet Macron, soit le sentiment d’un environnement fiscal et réglementaire plus favorable au business dans l’Hexagone. Comme en témoigne l’ouverture par le fonds suédois EQT d’un bureau en France par exemple. Mais la pandémie pourrait jeter un coup de froid sur cette expansion en 2020. C’est le constat dressé par PitchBook dans son rapport sur le marché private equity dans la région.

L’investissement devrait rester très limité au premier semestre, les gérants privilégiant l’attentisme dans un contexte très incertain. En témoigne la taille du deal moyen qui est en chute libre à 95 millions d’euros. Pour le moment, la plus grosse opération de l’année dans le segment midmarket le plus dynamique habituellement a été le LBO secondaire sur le français Biscuit International par Platinum Equity. Malgré cela, le marché a été particulièrement atone en raison de la crise du coronavirus, qui a gelé provisoirement le marché. Seuls 36,2 milliards d’euros de deals ont été signés entre janvier et mai 2020, si bien que sur cette tendance, le millésime serait le plus faible depuis 2013.

La particularité de la France, c’est surtout qu’un acteur public a été le plus actif dans le private equity dans les cinq dernières années : Bpifrance, qui a notamment signé 34 transactions dans les logiciels cette année, devant BNP Paribas Développement en sixième position (11 deals). L’institution, qui est devenue un "one-stop shop" pour les entrepreneurs et a vocation à protéger les micro-entreprises, PME et grandes entreprises contre des velléités étrangères, et a réussi à réorienter des politiques fiscales vers le private equity.

Autre enseignement de ce rapport, le poids des build-up, ces fameuses acquisitions réalisées par des participations du private equity pour gagner en taille critique, gagner des parts de marché ou mailler leur territoire. Alors qu’elles ne représentaient encore que 20% du marché en 2010, cette part a plus que doublé, à 46,3% cette année. Cela est dû à une plus faible proportion de deals primaires, mais cette tendance devrait se poursuivre, juge PitchBook. Côté sectoriel, le B-to-B attire l’essentiel des capitaux, et en particulier les services commerciaux B-to-B, mais aussi les logiciels et la pharma/biotech. La base de données salue de ce point de vue la force de frappe de la French Tech, qui a contribué à développer un écosystème tech dynamique de jeunes pousses et des capacités R&D élevées. Les deals transfrontaliers ont également le vent en poupe, avec par exemple la vente de la biotech française Polypus à Warburg Picus pour 552 millions d’euros.

Du côté des sorties, le début d’année 2020 a été marqué par l’IPO du groupe de café JDE Peet’s qui a levé 2,3 milliards d’euros, soit la plus grosse sortie en Bourse depuis 2018. Hormis cette IPO, le marché des sorties est néanmoins très ralenti en raison de l’incertitude et du poids de la correction récente sur les valorisations. Les gérants vont autant que possible jouer la montre et garder leurs participations, quitte à prolonger leur période de détention, si bien que les sorties pourraient atteindre moins de 50 milliards d’euros cette année en France et Bénélux, soit le plus faible niveau depuis 2013.

Ces sorties devraient être principalement constituées de LBO secondaires en raison du niveau record des montants levés en attente d'investissement (dry powder) des fonds (39 milliards d’euros dans la région). Trois des cinq plus grosses sorties de l’année ont été des transactions secondaires (Covis, Biscuit International et Polypus) pour un total de 1,6 milliard d’euros, une tendance qui devrait encore s’accentuer dans les prochains mois. Les secteurs de l’énergie et des services financiers, très affectés par la pandémie, ont connu très peu de sorties mais les choses pourraient s’animer pour trouver des solutions de liquidité et éviter la faillite à des groupes dans des situations difficiles.

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