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Fintech / FinTech / PitchBook / first bridge ventures

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Le monde de la fintech à un point d’inflexion ? / A la fin, cela reste toujours une question de fondamentaux

Dure année 2023 pour le monde de la fintech, en France, comme à l’international. Avec des levées de fonds en chute libre et des montants relatifs à leurs sorties qui ont fondu en valeur, les investisseurs ont bien perdu de l’intérêt pour le secteur. Mais pas sur l’ensemble de ses verticales : des fondamentaux solides, déconnectés de facteurs conjoncturels et une stratégie lisible ont permis à certaines start-ups de tirer leur épingle du jeu. Une nécessaire révision de la manière d’appréhender la trajectoire d’une entreprise et qui semble finalement valoir pour l’ensemble de l’écosystème Tech.
(Photo by RICHARD JONES/SCIENCE PHOTO LIBR / RJX / Science Photo Library via AFP)
(Photo by RICHARD JONES/SCIENCE PHOTO LIBR / RJX / Science Photo Library via AFP)

L’année 2023 n’aura pas été synonyme d’abondance pour les acteurs internationaux de la Tech. Mais la correction a été plus sévère pour ceux qui opèrent dans les innovations financières. Si comme pour le reste de leurs confrères, les fintech avaient rencontré un cycle d’expansion particulièrement faste dans les années ayant suivi la pandémie, les chiffres des douze derniers mois restent sans équivoque.

Au niveau mondial, 34,6 milliards de dollars de capital-risque ont été enregistrés sur le segment, rapportent les données de PitchBook. Ce qui représente une baisse de près de 44 % en glissement annuel. Un recul des financements d’ailleurs bien marqué du côté des entreprises qui s’adressent directement aux consommateurs : le positionnement du capital aura clairement été en faveur du B2B, qui occupe 72,1 % de la scène (contre 40,6 % en 2019). De même concernant les sorties : au nombre de 185 dans le secteur en 2023, elles ont reculé en volume de 22,3 %… et de 76 % en valeur, à 5,9 milliards de dollars.

Alors logiquement, en France, la tendance s’est alignée : en 2023, les fonds levés par les fintech tricolores ont reculé de 57 % sur un an. Dans l’ensemble de l’écosystème, la chute a été plus mesurée, à hauteur de 38 %. Les fintech ont d’ailleurs été sorties du podium sectoriel, et ce dès la fin du premier semestre.

 

Certains résistent mieux que d’autres

 

Alors, la fête est-elle finie pour les fintech ? Pas complètement, comme le traduisent notamment des différences sectorielles : les sociétés qui travaillent dans le prêt alternatif (le lending), dans les paiements ou le crédit et la banque ont, par exemple, bien mieux résisté que les autres. En témoigne, entre autres, la levée de fonds du spécialiste britannique du prêt aux consommateurs, Abound, dont la plateforme combine système bancaire ouvert et intelligence artificielle et qui a levé 602 millions de dollars en mars dernier. Ou, encore, le tour de table de Tabby, opérant dans le crédit, et qui a levé 950 millions de dollars au mois de novembre.

Alors certes, certaines tendances clés permettent en effet à ces différents secteurs de tirer parti d’opportunités, comme l’intelligence artificielle, les paiements instantanés ou encore la finance désintermédiée. Mais pas seulement. "Il s’agit surtout d’une question de fondamentaux : si le modèle d’affaires repose sur des facteurs conjoncturels, comme des taux d’intérêt négatifs, cela finira forcément par bloquer", estime François-Xavier Copé, cofondateur de First Bridge Ventures, à l’occasion d’un entretien accordé à WanSquare.

 

Modèle et équipe

 

Alors que la boutique en a fait l’une de ses quatre verticales d’activité, elle se félicite par exemple de la bonne santé de ses participations, comme la plateforme de trading eToro, ou ex-participations, à l’instar de Tiller. Le spécialiste des solutions de caisses connectées a été racheté en 2021 par la licorne britannique SumUp : "Ils sont toujours leader sur leur marché. Leur modèle est pertinent et permet de rajouter des briques de paiement. Et l’équipe de direction est solide et flexible", pointe de son côté Nicolas Jin, cofondateur, également, du fonds d'investissement.

Même constat du côté du secteur du lending, identifié comme l’un des grands gagnants de l’année 2023 par PitchBook : un business de prêts alternatifs dont "les fondamentaux sont complètement décorrélés des taux d’intérêt", remarque François-Xavier Copé. Pour le fournisseur de données PitchBook, la conclusion est simple. Le monde de la fintech se trouve aujourd’hui à un point d’inflexion. Les diligences plus accrues des investisseurs ont encouragé les modèles d’entreprises à donner la priorité à la rentabilité plutôt qu’à des effets de mode.

Pour autant, cela est loin d’être particulièrement propre à ce secteur, par ailleurs l’un des plus matures du monde de la Tech. Les fintech ont peut-être rencontré de plus amples difficultés en 2023 que les autres entreprises technologiques, du fait de modèles d’affaires parfois trop reliés à des facteurs conjoncturels ou de bases de comparaison particulièrement défavorables, mais Nicolas Jin l’assure : comme dans l’ensemble de l’écosystème, traverser la crise nécessitera surtout de changer sa manière de voir les choses"Il faut penser à l’inverse de ce qu’il s’était passé ces dernières années. La stratégie et les modèles d’affaires sont la première des étapes pour se vendre", explique le cofondateur de First Bridge Ventures. 

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