Fusions, Acquisitions / Natixis / BPCE / Ingenico / FinTech
Fusions, Acquisitions
Natixis / BPCE / Ingenico / FinTech
Natixis–Ingenico : les époux modèles
Natixis envisage de conclure un accord avec la société française Ingenico, spécialisée dans les technologies de l'information et de la communication (Fintech), alors que la banque française cherche justement à se développer dans le secteur des paiements en consolidation rapide et qu’elle vient d’encaisser du cash avec la vente à BPCE de ses activités périphériques.
De son côté, Ingenico a également confirmé qu'elle avait "reçu des approches préliminaires pour une transaction stratégique" et a déclaré qu'elle avait "entamé un examen de ses options et de leurs mérites respectifs".
La capitalisation boursière d'Ingenico s'élève à 4 milliards d'euros. Ses actions ont perdu près de 30 % de leur valeur depuis le début de l'année. Le groupe a fait l'objet de spéculations depuis qu'il a fait une approche ratée de 6,6 milliards de livres sterling pour Worldpay avant l'introduction en bourse de son rival britannique en 2015.
L'opération potentielle s'inscrirait dans la stratégie de Natixis. La banque souhaite développer ses activités de paiement et tente de sortir de son marché domestique. François Riahi, nouveau directeur général, a récemment déclaré que si son activité de paiement est de "75 % en France aujourd'hui, nous souhaitons l'internationaliser autant que possible. Au point que la France ne représente plus que 50 % en 2020".
En mai dernier, Worldline a accepté d'acheter l'unité de paiement de l'opérateur boursier suisse SIX Group pour 2,3 milliards d'euros, dette comprise. L'année dernière, Hellman & Friedman, le groupe de capital-investissement, a acquis Denmark's Nets dans le cadre d'une opération de 5,3 milliards de dollars, et Paysafe a été rachetée par un consortium de groupes de capital-investissement pour 3 milliards de livres.
Cette transaction éventuelle est surveillée avec les yeux de Chimène par les investisseurs pour lesquels elle permettrait à Natixis de faire un bond considérable dans ses activités de paiements tout en dégageant des synergies de coûts estimées à 240 millions d'euros en année 3 et ensuite. L'impact pourrait être positif sur le bénéfice par action (3 % en année 1 et 7 % en année 3) avec un retour sur investissement proche de 11 % ce qui est conforme aux critères d'investissement de Natixis. Néanmoins certains redoutent qu’une telle transaction remette en cause le dividende spécial potentiel de 1,5 milliard d'euros attendu de la vente récente des activités de détail. De surcroît Natixis devrait lever trois milliards d'euros environ pour financer cette acquisition.
Mais si avec ce flirt, la bourse de Paris tient là des époux modèles dans le secteur de la Fintech, les fiançailles n’ont pas encore eu lieu. Et il ne faudrait pas s’emballer de manière immodérée.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

