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Fusions, Acquisitions
Worldline / Ingenico / Atos
Worldline paie Ingenico bien trop cher
Worldline, ancienne émanation d’Atos dans le domaine du paiement électronique a donc accepté d'acheter son rival Ingenico Group dans le cadre d'une transaction de 7,8 milliards d'euros. De fait le nouvel ensemble deviendra le quatrième fournisseur mondial de services de paiement qui fournira des services à près d'un million de commerçants et aurait généré des revenus combinés de 5,3 milliards d'euros en 2019.
Les actionnaires d'Ingenico recevront 123,10 euros par action en espèces ou dans un mélange d'espèces et d'actions, ont annoncé ce matin les deux sociétés. Cela correspond à une prime de 17% par rapport au cours de clôture de vendredi. Worldline propose également d'acheter des obligations convertibles en actions Ingenico.
Avec cet accord Worldline deviendra une plate-forme de choix pour une consolidation future en Europe et au-delà. Mais le marché fait preuve de scepticisme avec une baisse de 8% du titre ce matin. Il faut dire que cette transaction intervient après un certain nombre d'années difficiles pour Ingenico, qui fournit des services de traitement des paiements à des clients, notamment des banques, des détaillants et des sites de commerce électronique.
En novembre 2018, le P.-D.G. d'Ingenico, Philippe Lazare, a été démis de ses fonctions à la suite d'une intervention du conseil d'administration. Philippe Lazare dirigeait la société depuis onze ans, mais celle-ci subissait une pression croissante sur ses performances et la direction avait du mal à convaincre les investisseurs des mérites de son activité de terminaux de paiement. Quelques semaines après, Natixis, qui s’est lancée dans les activités de fintech, a regardé de près le dossier, avant de laisser tomber devant l’ampleur de la mutation à conduire chez Ingenico.
Car Ingenico s'efforce depuis des années, et non sans mal, de se diversifier, à partir de ses activités traditionnelles que sont les transactions pour le compte de banques ou de sociétés de cartes de crédit utilisant des terminaux de paiements, vers de nouveaux services dans des domaines comme les achats en ligne.
Sur fond de spéculation, les actions d'Ingenico ont plus que doublé au cours de la dernière année, tandis que Worldline a gagné 31%. Mais nous craignons que ce mariage se fasse avec une dot bien trop élevée. Car si Worldline est un champion de course, Ingenico est en piètre état et ne méritait pas un tel prix d’achat. Il faudra que beaucoup d’eau s’écoule sous les ponts avant que ce mariage crée de la valeur. Si Morgan Stanley et Cardinal Partners qui conseillaient Worlline ont manqué de jugement, en revanche Goldman Sachs et Rothschild qui conseillaient Ingenico peuvent se frotter les mains.
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