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M&A : plus qu’un trou d’air, le crash du deuxième trimestre

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M&A : plus qu’un trou d’air, le crash du deuxième trimestre

Les fusions-acquisitions en Europe ont chuté de 62% au deuxième trimestre, soit un plus bas depuis 23 ans, et le bilan est même encore plus dégradé aux Etats-Unis. La France est moins impactée où, selon les classements, Rothschild et Lazard s’arrogent la première place des league tables.
Poignée de main DR
Poignée de main DR

L’année 2020 avait pourtant commencé sur les chapeaux de roue en France, avec de grandes opérations industrielles transformantes comme la fusion PSA-Fiat Chrysler ou encore la victoire de l’OPA de Cap Gemini sur Altran, malgré l’opposition d’Elliott. Mais la propagation de la pandémie, et le confinement général qui s’en est suivi, a conduit sans surprise à un gel des transactions M&A en Europe. Les chiffres sont éloquents : seuls 1.958 deals ont été signés dans le Vieux Continent sur cette période, soit un point bas depuis… début 1997, selon Refinitiv. La valeur des transactions, à 182,9 milliards de dollars, est la plus faible depuis 2016 mais elle a été artificiellement gonflée par une opération, la décision d’Unilever d’abandonner sa structure anglo-hollandaise, pour ne devenir qu’une holding basée en Grande-Bretagne, soit un "deal" à 106,9 milliards de dollars. En l’excluant, la chute atteindrait 62% sur le trimestre.

Le tableau est aussi dégradé partout dans le monde : les M&A globales ont chuté de 55% à 485,3 milliards de dollars et aux États-Unis, le crash est encore plus violent avec un effondrement de 85% des deals à 103,5 milliards de dollars sur un an. Les opérations du début d’année comme les unions entre Aon et Willis Tower Watson dans l’assurance pour 30,1 milliards de dollars, ou encore l’acquisition du broker en ligne eTrade par Morgan Stanley pour 13,1 milliards de dollars, semblent aussi appartenir à un lointain fantasme de l’autre côté de l’Atlantique. Mais malgré la résurgence des cas de coronavirus dans certains États, les corporates américains semblent aujourd’hui mieux armés, au plan financier avec les levées récentes comme au plan stratégique, pour profiter de cet environnement et se montrer opportunistes sur des fusions-acquisitions.

En France, le marché a été relativement préservé par comparaison, avec une chute de 26% des transactions à 58,1 milliards de dollars, selon Refinitiv. La base de données classe Rothschild en première place des league tables des banques d’affaires, qui a conseillé 33 opérations pour un total de 22 milliards de dollars, dont les deux plus gros deals de l’année, l’acquisition d’Ingenico par Worldline pour 7,8 milliards d’euros, qui a été validée par l’AG de Worldline début juin, et la vente de Bombardier à Alstom pour 6 milliards d’euros, qui doit être approuvée par les autorités antitrust européennes d’ici au 16 juillet prochain.

Selon Refinitiv, le classement des banques d’affaires M&A est complété par Société Générale et Goldman Sachs, alors que Lazard, qui a subi le départ de Matthieu Pigasse pour Centerview Partners en début d’année, serait relégué en quinzième position, avec 3,2 milliards de dollars de deals. Mais c’est un tout autre classement que propose l’Agefi, qui se base sur les opérations closées sur l’année, notamment Cap Gemini-Altran et CNP-La Poste : dans ce cas de figure, c’est Lazard qui prend la tête du palmarès (23,3 milliards d’euros de deals), devançant d’une courte tête Morgan Stanley, tandis que Rothschild pointe à la cinquième place (18 milliards), derrière Morgan Stanley et BNP Paribas. Les banquiers parisiens sont en tout cas eux aussi unanimes : les corporates gagnants de cette crise sont déjà sur le qui-vive pour saisir des opportunités, même si les prix restent très - trop - élevés en raison de la résilience des marchés. Les autres sont en pleine revue stratégique de leurs actifs, ce qui devrait aussi bientôt donner lieu à un florilège de M&A.

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