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Les Fintech n'ont pas encore pleinement tiré parti de l'Open Banking
Les Fintech ont encore du chemin à parcourir pour devancer leurs soeurs aînées les banques traditionnelles. Du moins en termes d'utilisation de leurs applications mobiles respectives. Ainsi selon une étude réalisée par l'entreprise française de data Ogury entre le 9 avril et le 1er juillet, auprès de 1,5 millions de détenteurs de smartphones britanniques, les dix applications bancaires les plus utilisées correspondaient toutes à celles de banques "classiques" : dans l'ordre, Halifax, Santander, Lloyds, Barclays et NatWest étaient ainsi les plus utilisées. Parmi les Fintech, l'application TransferWise, qui permet de réaliser des versements sans frais vers l'étranger, représente la plus utilisée, correspondant cependant à seulement 0,5% des visiteurs sur les dernières semaines de l'étude. La néo-banque Revolut, très populaire dans le pays, dont l'application permet de payer directement depuis son téléphone et dont la carte bleue permet de payer sans frais en devises étrangères, qui a récemment annoncé avoir atteint le million d'utilisateurs, n'a de son côté attiré que 0,2% des utilisateurs.
Autre enseignement de cette étude, le fait que ceux qui utilisent les applis des banques traditionnelles ne se servent quasiment d'aucune autre application bancaire. A la différence de ceux qui ont téléchargé les applis des néo-banques. Ainsi, 67% des utilisateurs de la plateforme pour mobile de Bank of Scotland sont "monogames" et fidèles à RBS, tandis que 22% de ceux qui se servent d'applis comme celle de la banque en ligne Monzo ou celle de Starling, naviguent sur d'autres plateformes bancaires.
Des résultats surprenants, face à l'attrait grandissant des clients et notamment des plus jeunes pour ces nouvelles banques 100% mobiles, qui en outre, devaient être les grandes bénéficiaires de la nouvelle réglementation PSD2 entrée en vigueur en janvier dernier. Rappelons que cette seconde directive européenne sur les paiements, oblige les banques à ouvrir leurs données clients à des prestataires tiers. Les Fintech, qui plaidaient depuis un moment pour avoir accès à ces data afin de les exploiter et de proposer de nouveau services, plus personnalisés, n'ont donc pas encore tiré pleinement profit de cette nouvelle manne à leur disposition.
Par ailleurs, l'étude d'Ogury ne prend pas en compte le fait que de nombreuses Fintech envoient directement des notifications à leurs utilisateurs en cas de versements, transferts ou autres opérations bancaires, et que les utilisateurs se servent peut être donc moins directement de la plateforme. Ensuite, de nombreux adeptes des banques en ligne sont aussi de grands utilisateurs d'Apple Pay ou Google Pay, directement reliés à leurs comptes bancaires (qui peuvent être des comptes chez Revolut ou Starling) et ont donc moins besoin de consulter leurs relevés via les plateformes des néo-banques correspondantes, puisqu'ils sont informés via leur appli Google ou Apple Pay. Ce sont d'ailleurs sans doute les géants de la Tech américaine qui risquent de bénéficier en premier lieu de la nouvelle directive européenne, eux dont le développement dans les moyens de paiement est en pleine expansion.
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