Fusions, Acquisitions / Julien Aucomte / August Debouzy / Portraits / Cabinet d'avocats / Avocat d'affaires / M&A / Venture Capital / levées de fonds / Private equity
Fusions, Acquisitions
Julien Aucomte / August Debouzy / Portraits / Cabinet d'avocats / Avocat d'affaires / M&A / Venture Capital / levées de fonds / Private equity
Julien Aucomte, l’avocat derrière le projet rachat d’Editis par Daniel Kretinsky /
Un associé de clients plutôt que de dossiers au cabinet August Debouzy
Il est de ces avocats dont les ambitions de leurs clients font parler le Tout-Paris des affaires. Julien Aucomte, associé au cabinet August Debouzy vient de s’illustrer sur le projet de rachat par Daniel Kretinsky d’Editis, la maison d’édition détenue par le groupe Vivendi et que ce dernier est contraint de vendre pour pouvoir se rapprocher de Lagardère. " Il faut rappeler que cette cession à 100 % a été imposée par la Commission européenne au groupe Vivendi désireux d’acquérir Lagardère, propriétaire d’Hachette. Il s’agissait d’une opération assez complexe car elle devait se réaliser dans un temps très court (du fait des opérations en cours devant la Commission Européenne) et très compétitive. Plusieurs acquéreurs potentiels de poids avaient en effet fait connaître leurs intentions de s’emparer d’Editis. Nous sommes donc très heureux de pouvoir commencer notre collaboration avec le groupe Kretinsky par un succès", se félicite l’avocat de 49 ans.
Iggy Pop
Mais Editis n’est son seul fait d’armes. Ce spécialiste du M&A industriel, du private equity et du venture capital conseille également le fonds KKR, Dassault Aviation, Orange ou encore Adecco. Il est aussi un redoutable faiseur de licornes. "Mon activité auprès des start-ups est un peu marginale, et réservée uniquement à des opérations de levées de fond significatives. Ainsi, en 2021, j’ai eu la chance de contribuer au passage de quatre start-ups au statut de licornes : Qonto (500 millions d’euros de levée de fonds), Vestiaire Collective, Ledger (300 millions d’euros) et Spendesk", relate-t-il.
S’il est aujourd’hui devenu indispensable aux entreprises, Julien Aucomte ne se prédestinait pourtant pas à une carrière d’avocat. "Plus jeune, je voulais être journaliste de rock, ce qui fut totalement impossible à faire entendre à mes parents qui étaient tous les deux médecins. Je me suis donc inscrit à la fac de droit d’Aix-en-Provence pour préparer une école de journaliste, mais la matière juridique m’a finalement séduit et j’ai vite oublié le journalisme. Je suis donc loin aujourd’hui de mes premiers amours", sourit celui qui conserve précieusement sur les murs de son bureau des photos d’Iggy Pop, de Bob Dylan et un 33 tours des Rolling Stones. " Un cadeau offert par un de mes clients, avec une mention 'Street Fighting Lawyer'", s’amuse-t-il à indiquer.
L’impression d’être en faute
Le droit des affaires est même arrivé un peu par hasard dans sa vie. "Après mon diplôme d’avocat, j’ai suivi ma fiancée à Paris. J’ai alors postulé dans plusieurs cabinets d’avocats d’affaires. Mais inscrit à l’IEJ d’Aix en Provence, s’inscrire à l’EFB à Paris était plus difficile à l’époque qu’aujourd’hui, par chance j’avais réussi à trouver un stage en fusions et acquisitions au sein du cabinet Ginestié Magellan", se souvient-il. Il se jettera alors dans la pratique à corps perdu.
En 2001, il intègre le cabinet Veil Jourde. " Il s’agissait à l’époque de la meilleure équipe de M&A de Paris et je voulais vraiment travailler avec eux ". Il y assistera Eurazeo sur le LBO sur Fraikin Groupe, alors propriété de Fiat, "le plus gros LBO français de l’époque avec un montant de 800 millions d’euros ", souligne Julien Aucomte. Il ne restera pourtant chez Veil Jourde que trois ans. "L’explosion du cabinet fut assez violente. J’ai donc rejoint une boutique, le cabinet Stelhin et associés", relate-t-il.
Là-bas, il commercera à développer ses dossiers personnels. "J’avais des amis qui étaient ingénieurs et qui montaient des start-ups, d’autres prenaient des responsabilités au sein de grands groupes. Aussi, j’ai commencé à développer ma clientèle personnelle. Mais je culpabilisais un peu. J’avais l’impression d’être en faute par rapport au cabinet lorsque je travaillais sur mes dossiers personnels", confie Julien Aucomte.
Un avocat de clients
Ces talents ne passent cependant pas inaperçus puisque deux ans plus tard, en 2007, il est chassé par August Debouzy. Une amitié presque immédiate s’installe alors avec Gilles August. "Je leur ai dit que j’étais d’accord pour les rejoindre à condition de pouvoir continuer à développer ma clientèle personnelle. C’est ainsi que j’ai apporté la Compagnie nationale du Rhône, filiale de Suez et de la Caisse des dépôts et consignations. Il s’agit du deuxième producteur d’électricité français que j’ai accompagné dans l’acquisition de nombreux portefeuilles d’actifs éoliens et solaires en France et à l’étranger ", souligne Julien Aucomte, dont l’investissement sur les dossiers est total. "J’espère être perçu comme un avocat de clients plutôt qu' un avocat de dossiers. Je prends chaque sujet très à cœur. Il n’existe aucune autre façon d’exercer ce métier, selon moi. Nous intervenons souvent dans des délais très courts. Notre rôle est celui d’un chef d’orchestre entre les différentes parties prenantes. Certes, ce n’est pas moi qui rachète des entreprises mais je suis un partenaire stratégique, et non pas un simple rédacteur d’actes", explique-t-il.
En 2012, il sera promu associé. Une belle reconnaissance en pleine crise des dettes souveraines. "Beaucoup de cabinets d’avocats n’auraient pas hésité à repousser mon association compte tenu des incertitudes économiques, ce ne fut pas le cas d’August Debouzy qui a su au contraire prendre un risque et me faire confiance", précise l’avocat qui siège également au comité de management d’August Debouzy depuis 2016. Et preuve que cette décision était judicieuse, c’est lui qui quelque temps plus tard revendra Dailymotion, propriété d’Orange depuis quelques années et dont il avait déjà conduit l’opération, à Vivendi en 2015 avec à la clé une belle plus-value pour l’opérateur.
Défenseur de l’environnement
Aujourd’hui, il souhaite aussi intégrer les problématiques ESG à sa pratique. "On voit souvent les fusions et acquisitions comme une matière non évolutive sur le fond, pourtant si on regarde bien, il se produit depuis quelques années un changement important autour de la prise en compte des enjeux de finance durable, de transition écologique, de diversité, d’inclusion etc. Ces sujets ont été pleinement intégrés par les investisseurs en capitaux comme des sujets vertueux et créateurs de valeurs ; c’est un plaisir de prendre part à ses réflexions et de les accompagner dans leurs projets qui nécessitent de faire évoluer la pratique classique du M&A. C’est un domaine que me passionne car il rejoint des convictions qui me sont propres", confie Julien Aucomte.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

