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Le capital-risque français suit les tendances prédites mais reste résilient / Un remaniement sectoriel avec la percée des cleantech et la sortie des fintech

Le montant des levées de fonds en France a fondu de près de moitié au premier semestre de 2023, porté par quelques tours de tables importants. La Tech française reste néanmoins ancrée sur ses appuis, avec un nombre d’opérations à la hausse et de bonnes nouvelles qui sont venues lui apporter de quoi résister à un environnement macroéconomique pourtant peu favorable.
French Tech (Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
French Tech (Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Les levées de fonds dans la Tech française ont connu des jours meilleurs, comme il était anticipé depuis le début de l’année. Au terme du premier semestre de 2023, les 4,2 milliards d’euros levés par les entreprises innovantes tricolores ont enregistré une baisse de près de 50 % sur un an, pointe le Baromètre semestriel du capital-risque en France mené par EY.

Si le nombre d’opérations reste en hausse (à 395 tours de table, en hausse de 9 %), seules quelques opérations font office de "méga levées de fonds". Ce sont ainsi sept opérations à plus de 100 millions d’euros qui ont été recensées sur les six premiers mois de l’année, compte de son côté le cabinet In Extenso dans son Baromètre des levées de fonds du premier semestre.

Dont quatre sur les trois derniers mois, avec des start-ups qui opèrent dans les secteurs parmi les plus attractifs du moment : Driveco, spécialiste de la recharge des véhicules électriques qui a levé 250 millions d’euros ; Ynsect, qui s’attache à élever et transformer des insectes pour 160 millions d’euros ; TSE, producteur d’énergie solaire qui a réalisé un tour de table de 130 millions d’euros et Mistral AI, start-up d’intelligence artificielle (IA) générative, qui a quant à elle levé 105 millions d’euros.

 

Des intérêts qui évoluent

 

Une chute des grandes levées de fonds également observée par EY : celles supérieures à 100 millions d’euros ont fondu de 78 % par rapport au premier semestre de 2022, tandis que celles dépassant les 300 millions d’euros ont tout simplement disparu. Des changements qui démontrent donc l’attentisme des investisseurs dans une période de hausse des taux et d’incertitudes macroéconomiques et qui illustrent aussi la mouvance de leurs intérêts. "Le classement [sectoriel] est largement remanié avec pour la première fois le secteur des cleantech qui arrive en tête avec 1,2 milliard d’euros, en progression à la fois en volume et en valeur", commente ainsi EY. Au terme de l’année 2022, ces start-ups étaient classées quatrième par EY. 

Le volume des levées de fonds de ces start-ups dites de technologies propres a bondi de 76 % sur un an, tandis que leur valeur s’est accrue de 26 %, analyse EY. "Ces sujets [avec les start-up à impact, ndlr] sont aujourd’hui clés et des montants importants sont alloués à ces thématiques. Le financement non dilutif des investissements est également facilité, avec le fléchage des dispositifs bancaires, d’aides publiques nationales (Bpifrance, France 2030…) ou européennes (Innovation Fund, LIFE…)", souligne de plus In Extenso.

Sur le podium sectoriel, les cleantech sont ainsi les seules à avoir vu le ticket de leurs investisseurs augmenter. De fait, les logiciels qui arrivent en seconde position avec 1 milliard d’euros levés, ont vu la valeur de leurs tours de table se réduire de plus de moitié, même si les volumes s’affichent en hausse de 7 %. Enfin, en troisième position, le secteur des Life sciences a récolté 600 millions d'euros au titre du premier semestre. Les volumes et les valeurs sont néanmoins orientés à la baisse, de respectivement 14 % et 24 %.

 

Comme ses pairs

 

Mauvaise nouvelle, également, pour les fintech qui ont quant à elles quitté le peloton de tête. Elles étaient pourtant en troisième position au terme de 2022, selon l’étude annuelle sur le capital-risque d’EY. Mais ces start-ups spécialisées dans l’innovation financière n’ont pas échappé à la tendance qui surplombe l’ensemble de l’écosystème Tech : le nombre de levées de fonds n’a pas plié sur le semestre. En revanche, leur valeur s’effrite. Ainsi, avec 73 opérations - soit environ trois par semaine - comptabilisées par l'Observatoire de la Fintech dans son étude Le semestre de la Fintech, le nombre de tours de table du secteur s'affiche en croissance de 9 %. Néanmoins et dans une proportion similaire à celle observée dans le secteur du capital-risque dans son ensemble, le montant des fonds levés a chuté de plus de moitié (à 673 millions d’euros, en baisse de 52 %), indique le rapport.

A noter, également, que la French Tech reste mieux lotie que ses voisines européennes. Sur l'Europe continentale, la France se place toujours en première position en matière de levées de fonds, bien qu’au coude à coude avec l’Allemagne qui a comptabilisé 3,9 milliards d’euros de fonds levés au premier semestre, souligne EY. Et la tendance en matière de valeur reste la même, puisqu’elle s’est contractée outre-Rhin de 37 %. Les volumes y sont aussi à la baisse, de 8 % sur les six premiers mois de l’année. Le Royaume-Uni reste néanmoins en tête de l'Europe, avec 7 milliards d'euros de fonds levés. 

"Si la French Tech a fait preuve de résilience ces derniers mois, la hausse des taux ainsi que les incertitudes économiques ont mis un frein à un système qui s’était un peu emballé", commente ainsi Franck Sebag, associé chez EY en charge du secteur Fast Growing Companies pour l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Inde. Il reste toutefois à souligner que le premier semestre aura aussi été porteur de bonnes nouvelles pour la French Tech. Et notamment du fait de l’édition 2023 du salon dédié à l’entrepreneuriat technologique VivaTech, qui aura été l’occasion pour le président de la République et pour le gouvernement de faire de nouvelles annonces qui "visent à renforcer la résilience de l’écosystème", souligne le cabinet In Extenso. Parmi celles-ci, il est ainsi possible de relever les investissements pour l’IA annoncés par Emmanuel Macron, l’ouverture de la deuxième phase de l’initiative TIBI (7 milliards d’euros de fonds pour le capital-risque) ou encore le lancement d’un nouvel indice réservé aux deeptech françaises les plus prometteuses, French Tech 2030.

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