Start-up / French Tech / Start-up / VivaTech / Bpifrance / Financement
Start-up
French Tech / Start-up / VivaTech / Bpifrance / Financement
La France est un terrain de jeu propice aux entrepreneurs / Un soutien public significatif appelé à ne pas faillir
La France a fait son bout de chemin. Longtemps réputée pour être une terre peu favorable à la création de sociétés, les entrepreneurs avaient il y a encore quelques années l’habitude de s’exporter pour lancer leurs aventures. Mais depuis dix ans, l’Hexagone s’est attachée à corriger ce défaut et la French Tech fête cette année sa première décennie d’existence.
Entre la création de Bpifrance et de la Mission French Tech sous l’égide de Bercy en 2013, les entrepreneurs peuvent désormais s’appuyer sur des soutiens publics et sur une émulation créée par l’émergence d’un écosystème structuré. Résultat : pour les trois-quarts des 206 dirigeants de start-ups interrogés entre fin septembre et début octobre par la Mission French Tech, en collaboration avec le Consumer Science & Analytics, la France est un pays propice à la création d’entreprise.
Besoin de plus de soutien
Tout n’est pas rose pour autant. La quasi même proportion de patrons de jeunes pousses relève toutefois que le développement d’une start-up en France reste difficile. En cause, cette fois, la crise des financements que traverse l’écosystème et qui contracte significativement les montants des fonds levés lors des tours de table depuis le début de l’année. Un frein financier identifié comme majeur par 73 % des entrepreneurs interrogés, bien devant les contraintes réglementaires (à hauteur de 40 %).
Et à ce sujet, les entrepreneurs comptent sur le soutien de l’État. Près de 90 % d’entre eux jugent que le renforcement des financements publics est une priorité pour les dix prochaines années, tout comme la mise en place d’un accompagnement individualisé des start-ups (à 82 %) ou encore la création d’opportunités de rencontres avec des clients du secteur privé (à 80 %).
Un travail déjà bien amorcé
Des points de tension sur lesquels les acteurs publics travaillent néanmoins depuis plusieurs années et qui semblent faire leurs preuves, puisque l’ensemble des mesures étatiques proposées dans l’étude remportent une adhésion significative de la part des entrepreneurs. Du côté de la Mission French Tech, les initiatives se multiplient pour pallier certaines problématiques, à l’instar du programme "Je choisis la French Tech".
Lancé en marge de l’édition 2023 de VivaTech, il vise à donner un coup de pouce aux commandes des start-ups françaises au travers de rencontres avec des acheteurs, d’incitations auprès d’acteurs privés et publics à s’engager auprès des start-ups françaises, de suppression de certaines barrières juridiques et de formation. À échéance 2027, le recours aux start-ups par la commande publique et privée devrait ainsi être doublé grâce à l’initiative.
Passer d’un mode à un autre
Il y a aussi le plan France 2030, qui investit dans les start-ups créatrices de technologies de rupture ou encore le lancement de la deuxième phase du plan Tibi, qui mobilisera l’épargne des investisseurs institutionnels pour investir dans les entreprises technologiques. Et enfin le soutien aux entrepreneurs de Bpifrance, évidemment, qui a par exemple multiplié ses financements à l’innovation par sept sur la dernière décennie et dont les activités d’accompagnement permettent aussi aux dirigeants de bénéficier de conseils et de mises en réseau.
Quelles pistes d’amélioration pour les financements publics ? Il pourrait donc être pertinent de passer (surtout de côté de l'industrie) d’un mode de subvention à celui d’achat, comme souhaité par le programme "Je choisis la French Tech". Par exemple, l’Agence spatiale européenne a lancé la semaine dernière une compétition entre entreprises européennes innovantes pour la fourniture d’un vaisseau cargo, sur le modèle de la Nasa aux États-Unis. Une aubaine pour les start-ups opérant dans le secteur de la "spacetech" et qui pourrait leur permettre, outre un développement de leur activité, d’accéder aussi plus facilement à des financements privés. "Si vous achetez 100 000 euros de services, je peux lever de la dette. Avec des subventions c’est différent… pour le même niveau d’investissement, le levier est différent", observait par exemple Hélène Huby, fondatrice et directrice générale de la start-up européenne The Exploration Company, start-up européenne spécialisée dans la construction de véhicules spatiaux, aux Rencontres du financement des industries innovantes organisées par la Direction générale des Entreprises ce lundi à Bercy.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

