Fusions, Acquisitions / Taylor Wessing / Avocat d'affaires / Gilles Amsallem / Portrait
Fusions, Acquisitions
Taylor Wessing / Avocat d'affaires / Gilles Amsallem / Portrait
Le cabinet Taylor Wessing fête ses 20 ans /
Retour sur le parcours de l'un des associés-fondateurs, Gilles Amsallem
Ce vendredi, le cabinet d'avocats d'affaires international Taylor Wessing fête ses 20 ans en France. Et que de chemin parcouru depuis l'ouverture du bureau de Paris en 2003. Aujourd'hui, il compte 130 avocats et salariés ainsi que 25 associés délivrant leurs conseils sur différentes secteurs et notamment Tech, Médias, Communication, Life Sciences, et énergie, Cryptoactifs, NFT, TMC, mais aussi sur toutes les disciplines du droit, Corporate M&A, social, fiscal, etc. Le cabinet est actuellement dirigé en France par Gilles Amsallem, son managing partner qui fut à l'origine avec d'autres de ses associés de son ouverture dans la capitale.
Le droit n'était pas une vocation
Rien ne prédestinait pourtant cet avocat de 55 ans, né à Marseille, à endosser un jour la robe. Adolescent, il s'imaginait davantage joueur de football professionnel (il est naturellement un fervent supporter de l'Olympique de Marseille) ou médecin.
Mais découragé par un étudiant en cinquième année avec qui il avait eu une conversation avant de s'inscrire en faculté de médecine, il opte pour le droit, plus littéraire. Il intègre donc l'Université d'Aix-Marseille, " option planche " et " ski", reconnaît volontiers Gilles Amsallem, qui préférait faire du sport que de suivre assidument ses cours de première année de droit. À cette époque, une seule certitude : " Très jeune, je savais que je voulais partir à l'international, voyager et apprendre à parler anglais ", confie-t-il à WanSquare.
Le service militaire chez Thomson
Finalement, l'étudiant se prend au jeu du droit et enchaîne une licence, une maîtrise en droit des affaires et un DESS-DJCE (diplôme de juriste conseil d'entreprise). " Au cours de ma dernière année en 1991, j'ai également passé le barreau dont j'ai obtenu l'examen d'entrée ", ajoute-t-il.
À sa sortie des études, vient le temps du service militaire (obligatoire à l'époque). "J'avais le choix entre être sur le terrain ou faire un stage en entreprise", explique l'avocat. C'est ainsi que le Marseillais monte à la capitale pour intégrer Thomson Multimédia en scène. La direction juridique lui propose de devenir VSNE (volontaire au service national entreprise) en Asie.
Il s'envolera alors pour Singapour entre Noël et le Jour de l'An 1992 et y restera deux ans et demi avant de rentrer à Paris, s'attendant à être embauché en contrat à durée indéterminée comme juriste au sein de la direction juridique chez Thomson.
Les privatisations en Afrique
C'était sans compter la crise pétrolière qui obligera l'entreprise à procéder à des suppressions de postes et parmi ceux-ci, le sien. "J'étais sur le carreau, il était difficile de trouver un travail et je n'étais que juriste d'entreprise, je n'avais pas encore obtenu mon certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA)", relate -t-il.
Il envoie alors son curriculum vitæ partout, dans des entreprises, des cabinets d'avocats internationaux. Pendant trois mois, il s'interroge et s'inquiète allant jusqu'à accepter un remplacement de congé maternité de quatre mois chez France Câble et Radio tout en passant son CAPA en même temps en régime salarié.
C'est alors qu'il reçoit une proposition de PwC qui souhaite le recruter comme collaborateur senior pour des missions en Afrique. "Mon rôle était d'accompagner des gouvernements étrangers dans le cadre de privatisations de secteurs publics, missions financées par la Banque mondiale. J'ai notamment travaillé sur le projet de privatisation de la filière pétrolière AVAL au Congo Brazzaville, en Guinée-Bissau, sur celui des Télécoms au Cameroun, etc. ", détaille Gilles Amsallem.
Associé spécialisé dans le sport
De là, lui vient l'envie de faire du corporate M&A, ce que PwC accepte. "En termes d'organisation, de moyens, d'approche sectorielle, de stratégie, ce cabinet d'avocats avait 15 ans d'avance", se souvient Gilles Amsallem.
En 1997, il se spécialise dans le secteur de la communication et des médias (publicité, cinéma et sport) et devient associé à 33 ans, en 2001. " C'est la première fois que le cabinet d'avocats de PwC affichait un positionnement sur le secteur du sport. Je suis notamment intervenu sur le rachat du club de Football de Nantes pour la Socpresse, propriété du groupe Dassault. J'ai également négocié avec Alain Prost la vente de son écurie Prost Grand Prix à l'ancien pilote Pedro Diniz ", s'enthousiasme-t-il.
Mais là encore, la loi sur la sécurité financière de 2003, dite "loi Mer" du nom du ministre des Finances en poste Francis Mer, qui vient de disparaître à l'âge de 84 ans, est lieu à contre-courant de ses ambitions. Pour mémoire, cette législation a interdit l'exercice simultané de conseil et de certification des comptes pour les grands groupes d'audit.
Indépendance
Gilles Amsallem et d'autres associés décident donc de quitter PwC et sont à ce moment-là mis en contact avec le réseau Taylor Wessing, créé par les cabinets anglais et allemand Taylor Johnson Garrett et Wessing & Berenberg-Gossler. " L'idée de ce rapprochement était d'organiser un réseau international où chaque bureau conservait son indépendance locale (notamment financière : investissements, rémunération, recrutements, frais, etc.), tout en opérant sur le marché comme un réseau intégré (service client , approche sectorielle, site internet, marketing, etc) ", raconte le gérant associé.
C'est ainsi, qu'en novembre 2003, le cabinet français est créé, tout en étant affilié au réseau. "Au départ, nous étions cinq associés ayant financé la création du cabinet (spécialisés en fiscalité, en corporate, en social, en propriété intellectuelle), tous venus de chez PwC. Quatre sont encore parmi nous aujourd'hui et le réseau a bien grandi. L'on compte désormais 29 bureaux dans le monde ", observe Gilles Amsallem.
En plus de sa casquette d'associé praticien du droit – il a récemment conseillé l'agence Évidemment dans le cadre de son acquisition par le groupe WPP – ce père de trois enfants est donc aussi devenu un entrepreneur. Membre du conseil d'administration international de Taylor Wessing, l'avocat-chef d'entreprise aura par exemple eu avec ses associés à solliciter un prêt garanti par l'Etat pour son cabinet au plus fort de la crise sanitaire. " La philosophie du cabinet est l'entrepreneuriat. Si le bureau grandit il n'en reste pas moins humain. La réussite est collective ", se félicite-t-il.
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