Feuilleton de l'été / Alexandre Holroyd / Portrait / Député
Feuilleton de l'été
Alexandre Holroyd / Portrait / Député
Alexandre Holroyd, un député europhile pour les français de l'Europe du Nord
Alexandre Holroyd a beau n'avoir passé qu'un an sur les bancs de l'Assemblée nationale et à peine plus dans la vie politique, il a déjà pour son pays une ambition qui dépasse les cinq années de son mandat et les frontières de l'Hexagone. Car sans l'Europe point de salut pour la France, tant du point de vue du financement des retraites, que de la gestion du budget ou des questions de solidarité, estime le jeune homme, élu en mai 2017 comme député pour la 3ème circonscription des Français de l'étranger. C'est d'ailleurs pour défendre ces idées qu'Alexandre Holroyd, alors âgé de 29 ans, décide de créer en juin 2016 à Londres où il réside, la branche londonienne de La République en Marche. Soit quelques jours après le référendum sur l'appartenance de la Grande-Bretagne à l'UE. "Le Brexit a clairement contribué à me faire entrer en politique car je suis profondément européen", explique Alexandre Holroyd.
Une passion pour le projet fondateur de Robert Shuman et Jean Monnet notamment héritée de sa double culture, lui qui, de père anglais et de mère française, a grandi et fait toute sa scolarité et ses études à Londres. Après un BAC ES passé au lycée Charles de Gaulle, à un pâté de maison du consulat de France, Alexandre Holroyd rentre au King's College, où il obtient un Bachelor en études européennes. A sa sortie, il a le choix entre un master à Sciences Po ou un tour du monde pour réfléchir à son projet professionnel. Le jeune étudiant choisit la seconde option et sillonne les routes d'Amérique centrale et d'Asie du Sud. A son retour, il accepte rapidement un premier poste au sein d'un think tank à Bruxelles, afin de pouvoir rembourser la dette qu'il a contractée pour voyager. Puis entre au sein du cabinet de conseil FTI où il passe près de 8 ans, à Bruxelles d'abord puis à Londres, avant de démissionner pour se lancer en politique donc.
"J'ai contacté un membre du QG que j'avais rencontré pendant mes années en cabinet de conseil et il m'a mis en contact avec le référent de Londres qui venait d'être nommé", raconte Alexandre Holroyd. Les premières réunions du mouvement ont lieu dans des pubs à expliquer la démarche d'En Marche et convaincre les expatriés français du programme du futur Président. "Presque toutes les deux semaines, il y avait un nouvel argument à démanteler pour expliquer qu'Emmanuel Macron pouvait bien l'emporter et rassurer les électeurs français de Londres". La campagne à Londres s'envole après le tournant de janvier 2017, où Emmanuel Macron apparaît comme l'un des quatre candidats désormais crédibles pour la présidence, estime Alexandre Holroyd ; un mois plus tard, en février lors de son déplacement à Londres, le futur Président fait salle comble pour son meeting au coeur du quartier de Westminster, raconte l'élu. Après la victoire d'Emmanuel Macron au second tour, Alexandre Holroyd décide de postuler à la commission d'investiture, qui le nomme donc candidat pour représenter la communauté française établie au Nord de l'Europe, soit dix pays en tout (Royaume-Uni, Irlande, Scandinavie, Finlande et Pays baltes). Alexandre Holroyd n'a qu'un petit mois pour faire campagne, mais bénéficie du formidable dynamisme créé par la présidentielle. A 30 ans tout juste, il est donc élu au second tour contre la candidate PS Axelle Lemaire et fait ainsi partie des 20 plus jeunes nouveaux députés de l'Assemblée !
Alexandre Holroyd intègre la Commission des Finances ainsi que la Commission des Affaires européennes, où il est particulièrement engagé. Au mois de juin dernier, il a ainsi co-écrit un rapport sur la gouvernance de la zone euro, dans lequel il défend entre autre l'idée d'une assurance chômage mutualisée en cas de crise. "Nous avons à tout prix besoin de l'Europe pour financer notre économie et nos PME sur le long terme. Il faut un plan d'épargne européen. Au niveau national, nous n'y arriverons pas", explique ainsi le député, qui plaide pour que la Commission des Affaires européennes à l'Assemblée devienne permanente et pour qu'un petit groupe en son sein planche sur les questions de long terme.
Le député, qui partage son temps entre l'Assemblée et sa circonscription (le Royaume-Uni constitue tout de même 80% des citoyens de sa circonscription) est également président du Groupe d'amitié France-Royaume-Uni et secrétaire de la mission d'information sur le suivi des négociations liées au Brexit. "Il faut rester très vigilant sur le sujet car un no deal serait catastrophique pour la Grande-Bretagne et mauvais pour l'UE", explique Alexandre Holroyd pour qui il revient désormais à Theresa May et son gouvernement de présenter des propositions qui soient envisageables au niveau européen et qui respectent les 4 libertés fondamentales de l'UE.
Cet Européen convaincu, qui avoue ne plus avoir beaucoup de temps libre depuis qu'il a été élu, s'est récemment mis à l'allemand, langue natale de sa compagne. Et s'il ne souhaite pas forcément faire toute sa carrière en politique, il compte en tout cas se consacrer entièrement à sa mission d'élu ces quatre prochaines années. "Il y a un formidable travail de pédagogie à faire auprès des citoyens pour leur expliquer nos réformes et leur montrer qu'il est possible de libérer les entreprises et d'assurer leur protection sociale".
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