Feuilleton de l'été / Cédric Frère / Albert Frère / Portrait / Biographie
Feuilleton de l'été
Cédric Frère / Albert Frère / Portrait / Biographie
Cédric Frère, le petit-fils d’Albert
L’information est passée presque inaperçue. Normal, depuis quelques années, la holding faîtière du groupe Frère, la Compagnie Nationale A Portefeuille, n’est plus cotée. Le nœud gordien de la galaxie, dont Paribas était à un moment actionnaire, c’est la très discrète société Frère Bourgeois. Or c’est presque par hasard qu’en tout début de cette année on a appris la nomination de Cédric Frère, 34 ans au poste d'administrateur délégué, jusqu’ici occupé par son père, Gerald Frère.
Gerald Frère, l’aîné d’Albert Frère, qui aime davantage la chasse que les affaires, tout en étant d’un jugement très affûté, selon tous ceux qui le rencontrent dans les conseils d’administration parisien, a deux fils, Cédric et William. Après avoir étudié les sciences économiques au collège Vésalius, Cédric Frère a travaillé dans le secteur bancaire, chez Degroof notamment, avant de rejoindre le groupe familial dans la gestion des participations. De son côté, son petit frère William s’est spécialisé dans la gemmologie et n’a pas vocation, du moins pour le moment, à travailler dans les affaires familiales.
A un moment, certains voyaient Albert Frère tenté de régler sa succession en confiant ses affaires à sa fille Ségolène, qu’il chérit, ou à son gendre, Ian Gallienne, qui travaille depuis longtemps dans le groupe. D’autant que la demi-sœur de Gerald Frère, Ségolène, est déjà administratrice de Groupe Bruxelles-Lambert. Et son mari, Ian Gallienne, est l’un des deux administrateurs délégués de GBL, aux côtés de Gérard Lamarche. Finalement Albert Frère, au soir de sa vie, a choisi la voie dynastique la plus simple avec l’aîné de l’aîné.
Cédric Frère, à peine adoubé, a tout de suite eu le droit à un baptême du feu. Car les pouvoirs publics belges ont décidé de le nommer au printemps régent à la Banque nationale de Belgique. Un poste honorifique, mais qui a eu le don d’agacer l’opposition belge et tous ceux qui voyaient dans cette nomination le seul fait du Prince.
Garçon réputé sérieux, très tourné vers les nouvelles technologies, aguerri aux montages financiers, et par ailleurs soucieux de protéger les actifs familiaux, Cédric Frère réunissait toutes les qualités pour cette succession difficile. Il travaillera en étroite collaboration avec Xavier Le Clef, 41 ans, qui était déjà directeur financier de la holding Frère-Bourgeois. C’est donc la nouvelle génération qui prend le relais du binôme constitué pendant des décennies par Gerald Frère et Gilles Samyn, ex-patron de la CNP. Pour l’heure, Xavier Le Clef n’intervient qu’au niveau de la CNP alors que Cédric Frère s'occupe de l’ensemble des actifs familiaux.
Rappelons que Frère-Bourgeois est articulé autour de trois actifs : Parjointco (la société qui contrôle le holding coté GBL), CNP et Total. C’est dans la CNP que l’on retrouve des actifs tels que le grand cru Cheval Blanc ou Distriplus (actionnaire de Planet Parfum et de Di) ou encore International Duty Free (opérateur des magasins dans les aéroports de Zaventem et Charleroi). En bas de la chaîne de contrôle, GBL (qui détient des participations dans Adidas, Pernod Ricard, Umicore, etc.) est contrôlé à 50 % par Albert Frère et la famille canadienne Desmarais.
Il est d’usage de dire que dans les grandes galaxies industrielles ou financière, la première génération construit, la seconde consolide et la troisième dilapide. Cédric Frère est là bien entendu pour faire mentir cet adage.
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