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Akka Technologies / Albert Frère / augmentation de capital
Akka s'allie à Albert Frère pour faire face au contexte de crise
Le groupe Akka, fondé et dirigé par Maurice Ricci, doit faire face à une dégradation de sa performance opérationnelle en raison de la Covid. Ses principaux clients appartiennent aux industries les plus touchées par la pandémie, les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, et du ferroviaire principalement. Par ailleurs, la société est fortement endettée du fait du rachat de Data Respons pour 366 millions d'euros juste avant que le virus ne s'étende à l’Europe, en janvier 2020. L'augmentation de capital annoncée hier n'a donc surpris personne, d'autant plus que les dirigeants d'Akka l'avaient déjà évoqué. Mais ses caractéristiques ont rassuré les investisseurs.
Afin d’abaisser son ratio d’endettement et de renforcer sa structure financière, le groupe émettra 8,9 millions d’actions pour un montant brut de 200 millions d’euros, prime d’émission incluse, soit un prix d’émission de 22,50 euros par action. Un quart d’entre elles seront souscrites par la famille fondatrice Ricci et les trois quarts restants par l’un des deux piliers du groupe belge Albert Frère, la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP), au travers de Swilux S.A., une société holding luxembourgeoise détenue intégralement par la CNP.
Cette émission permet au fondateur de garder le contrôle d’Akka. Une fois l’opération finalisée, le groupe Ricci détiendra 38,5 % du capital contre 43,5 % aujourd’hui, mais il conserve la majorité des droits de vote, en l'occurrence 51,9 %, contre 59,9 % avant l'opération. Le groupe familial Ricci a déjà conclu un pacte d'actionnaires avec la société Swilux, stipulant que le groupe belge aura un administrateur au conseil d'administration. Par ailleurs, le nouvel entrant deviendra le premier partenaire de long terme d’Akka. Il détiendra 21,4 % du capital et 17,3 % des droits de vote.
Plutôt que de se lancer dans une augmentation de capital publique dans le climat actuel bien incertain, Akka fait le choix de la sécurité. En outre, faire entrer un acteur important du monde des affaires comme la CNP est à la fois un signe de confiance de la part d'un investisseur majeur et porteur d'un soutien qui ne peut être que salutaire dans l'environnement actuel. En outre, la dilution de 28,5% pour les actionnaires minoritaires est considérée comme limitée par certains analystes.
La réaction du marché a été extrêmement positive hier : le titre a bondi de plus de 39%, à 21,9 euros. Les analystes ont salué l'entrée au capital d’un nouvel actionnaire de long terme, ainsi que du respect des covenants bancaires et de la prime importante sur le dernier cours. "Le montant de la levée devrait permettre au groupe de passer juste en dessous des ratios de leviers des covenants, selon nos estimations", indique par exemple Invest Securities. Si cela laissait néanmoins "un doute hier sur le fait qu'elle règle définitivement la situation", le courtier pense qu'une prochaine confirmation de la part d'Akka qu'il respectera bien ses covenants à fin 2020 achèvera de rassurer le marché.
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