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Cnova subit la double peine
Les inquiétudes des investisseurs pèsent depuis plusieurs semaines sur les émissions primaires actions. Après la déception d’Icade Santé mercredi dernier, la volatilité a fait une nouvelle victime : Cnova – filiale du groupe Casino spécialisée dans les activités de commerce électronique et maison-mère de Cdiscount notamment – a renoncé à son augmentation de capital de 300 millions d’euros.
"En raison des conditions de marché actuelles et malgré l'intérêt mentionné par des investisseurs potentiels, nous pensons que la levée de fonds de Cnova ne peut être poursuivie dans des conditions satisfaisantes et est donc reportée", explique Cnova dans un communiqué. Le projet, qui devait prendre la forme d’un placement privé, avait été annoncé en juin dernier. En outre, ses actionnaires actuels (Casino à 65% et sa filiale brésilienne GPA à 34%) envisageaient de vendre une petite partie de leurs titres sur le marché secondaire, pour accroître le flottant aujourd’hui famélique de Cnova (1%), coté sur Euronext Amsterdam.
Mais les investisseurs sont devenus frileux face à la perspective d’une hausse généralisée des taux d’intérêt pour contrer la remontée de l’inflation. S’ils restent favorables aux actifs présentant les meilleures garanties (comme l’a montré le grand succès du fonds d’infrastructures Antin IP), ils sont plus sélectifs.
En l’occurrence, Cnova a joué de malchance. La nervosité des marchés est survenue au moment où la filiale de Casino a dû renoncer à ses prévisions de résultats pour 2021. "Le contexte du troisième trimestre a conduit à des prévisions de ventes et d'Ebitda pour l'ensemble de l'année inférieures aux prévisions annoncées précédemment", a-t-elle également annoncé vendredi dernier, sans donner de nouvelles estimations. En juin dernier, Cnova anticipait un volume d'affaires (GMV) de 4,5 milliards d’euros, un chiffre d'affaires de 2,3 milliards et un Ebitda de plus de 160 millions.
La réouverture progressive des magasins à partir du deuxième trimestre a en effet pesé sur l’activité du commerce en ligne, qui avait jusqu’ici pleinement profité des restrictions de déplacement en place depuis 18 mois. Si les indicateurs financiers de Cnova au troisième trimestre demeurent positifs (+7,5 % de GMV à 1 milliard d’euros, +5,8 % de ventes directes à 451 millions et +9 % de chiffre d’affaires total à 528 millions), les données volumétriques, qui conditionnent la formation du chiffre d’affaires, sont tous en recul : le trafic a reculé de 2,5 % (à 246,3 millions de visites), les commandes de 2,1 % (à 6,4 millions d’unités) et les produits vendus de 3,5 % (à 11 millions).
Dans ce contexte, le report de l’augmentation de capital n’est pas une bonne nouvelle pour Cnova, puisqu’il limitera sa capacité d’investissement pour consolider ses acquis et développer ses relais de croissance comme Octopia (conception de places de marché électroniques) et C-Logistics (service de logistique spécialisée dans l’e-commerce). L’action a sans surprise décliné de plus de 6% vendredi. L’action Casino a également dérapé (de plus de 3%), les investisseurs craignant peut-être un ralentissement du désendettement du groupe de grande distribution. Mais une telle conséquence est peu probable, étant donné que Casino envisageait de toute façon de rester largement majoritaire dans Cnova et n’aurait cédé qu’une part limitée de son capital. En outre, la transaction pourrait avoir néanmoins lieu dès que les conditions s’y prêteront.
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