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Carrefour / Alexandre Bompard / Assemblée générale / distribution / rémunération des dirigeants
Alexandre Bompard à l’épreuve de l’assemblée générale de Carrefour / La rémunération et le renouvellement avancé du mandat du P.-D.G. questionnés
L’issue des votes aura été favorable à Alexandre Bompard mais le chemin pour y parvenir plus complexe. L’assemblée générale des actionnaires Carrefour qui s’est tenue vendredi matin a approuvé la rémunération de son président-directeur général (P.-D.G.), au titre de 2022, à 60,69 %. Le renouvellement du mandat d’Alexandre Bompard, avancé pour s’aligner sur le déroulement du nouveau plan stratégique du groupe, a quant à lui suscité davantage d’adhésion puisqu’adopté à 80 %.
Mais malgré l’approbation des actionnaires finalement remportée sur ces résolutions, il reste que la réunion annuelle des actionnaires de Carrefour aura été synonyme de challenge pour son P.-D.G. Et notamment lors de la session de questions et réponses, au cours de laquelle la rémunération du dirigeant a interrogé l’auditoire. En cause, pour l’exercice écoulé, une partie fixe de 1,5 million d’euros, une rétribution variable pouvant atteindre près de 200 % de la part fixe en cas d’atteinte des différents objectifs et une rémunération de long terme représentant quant à elle 52,5 % de la rémunération globale. Un montant chiffré à plus de 9 millions d’euros par la CGT et pourtant contesté par la direction.
Une agrégation trompeuse ?
"Vous l’avez bien compris, je ne fixe pas moi-même ma rémunération. C’est le conseil d’administration qui en est en charge et il se base sur la taille de notre entreprise, sa diversité, sa complexité mais aussi sur la rémunération de mes pairs dans le concert des grandes entreprises françaises", a-t-il ainsi indiqué à la journaliste d’investigation Elise Lucet, présente dans l’assemblée et pressée de questionner le P.-D.G. de Carrefour à ce propos. "Ce chiffre de 9 millions d’euros n’est pas le bon : il agrège les éléments de ma rémunération annuelle et de ceux de ma rémunération à long terme, qui arriveront éventuellement dans plusieurs années. En ce qui concerne ma rémunération variable annuelle, plus de 80 % de son montant est relié à des éléments de performance quantifiables", a poursuivi Alexandre Bompard.
Une rémunération qui semble donc reposer sur des fondations logiques. Mais son interlocutrice a souhaité la mettre en parallèle avec les suppressions de postes intervenues au sein du groupe et le passage en location-gérance de plusieurs des magasins de l’enseigne. "Nous avons fait appel à des entrepreneurs pour nous aider sur les modèles d’hypermarchés qui étaient en perte structurelle. Et cela a fonctionné dans l’ensemble de ces magasins. Ce ne sont pas des emplois qui ont disparu, ce ne sont pas de faux emplois. Nous avons dans le groupe 160 000 personnes qui travaillent en France. 80 000 qui sont des salariés Carrefour et 80 000 qui sont des salariés rémunérés par des entrepreneurs qui nous accompagnent. Et ce modèle, je l’assume parce que c’est un modèle auquel je crois, qui est une combinaison de l’intégré et de la franchise avec des entrepreneurs", a argumenté le P.-D.G.
Réduire les sièges
En ce qui concerne les suppressions de poste, Alexandre Bompard a expliqué : "Nous avons fait des plans de transformation dans nos sièges car ma responsabilité, quand j’ai rejoint le groupe, était de lui donner un avenir et donc de trouver la bonne organisation qui le permette. Cela passait notamment par une réduction de la taille de nos sièges qui étaient extraordinairement importants".
Une stratégie de croissance donc mise en place à l’arrivée d’Alexandre Bompard à la tête de Carrefour en 2017 et inscrite dans la feuille de route du groupe qui a touché à sa fin en 2022. De ce fait, le distributeur en a présenté une nouvelle et cette fois-ci à horizon 2026. Alors pour aligner le mandat d’Alexandre Bompard avec le déroulement de ce dernier plan stratégique, la société a choisi de soumettre au vote des actionnaires un renouvellement anticipé du mandat de son P.-D.G. Il devait initialement s’achever en 2024.
Une suite sans fin
Un actionnaire s’est alors interrogé sur les perspectives qu’offrait le vote de cette résolution car les cinq années de mandat d’Alexandre Bompard ne correspondront ni au terme du plan stratégique à horizon 2026, ni aux suivants. "Le choix qui a été fait est de faire en sorte que le P.-D.G. se représente à l’expiration du plan et qu’il manifeste son engagement", s’est défendu Laurent Vallée, le secrétaire général du groupe.
Plus de peur que de mal, donc, puisqu’à l’issue d’une période de conversation animée, l’ensemble des résolutions proposées par Carrefour auront été adoptées par l’assemblée générale des actionnaires. Ces derniers patienteront quant à eux jusqu’au 26 juillet prochain, pour connaître les résultats du premier semestre du distributeur.
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