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Le projet durable et responsable de Casino avec Teract se précise / Le groupe disposera de davantage d’actifs monétisables en 2023
Des résultats annuels en demi-teinte, une dette qui diminue à son rythme, et un projet de distribution durable et responsable qui prend forme. L’actualité du groupe de distribution Casino reçoit vendredi un accueil frileux en Bourse, l’action perdant plus de 5 %, à 8,14 euros.
Depuis un certain temps, les observateurs ont pris l’habitude de pointer les performances jugées mitigées des enseignes de distribution du groupe en France, qui contrastent avec la forte progression de ses revenus en Amérique du Sud. Mais c’est oublier un peu vite l’important travail de transformation mené par l'entreprise sur ses formats, délaissant les hypermarchés pour accélérer sur la proximité. Une période de transition qui n’est logiquement par la meilleure pour optimiser les parts de marché ou les résultats de l’ensemble.
Dans un contexte inflationniste, les ventes des enseignes françaises résistent néanmoins. On sait, depuis la publication fin février du chiffre d’affaires du groupe qu’elles ont progressé de 1 % l’an dernier (hors Cdiscount), à 1,4 milliard d’euros. S’agissant de la rentabilité, le distributeur a vu le résultat opérationnel courant de ces mêmes enseignes reculer de 12 % sur l’ensemble de l’année dernière, à 421 millions d’euros, a-t-il annoncé vendredi.
Stabilisation
Mais, point intéressant, ce résultat opérationnel courant s’est stabilisé au second semestre, et il a même progressé dans les enseignes parisiennes et de proximité, signe que la stratégie appliquée est la bonne. Celle-ci s’apprête d’ailleurs à prendre une nouvelle dimension alors que les discussions exploratoires que menait Casino avec la société Teract, filiale d’Invivo, le premier groupe coopératif agricole français, viennent de déboucher sur une exclusivité en vue de conclure un accord.
A l’heure où les consommateurs sont toujours plus tournés vers le vert et le local, Casino et Teract veulent créer "le leader français de la distribution responsable et durable". Une ambition qui passerait par la création de deux entités distinctes. L’une, contrôlée par Casino, regrouperait les activités de distribution en France, le groupe apportant ses plus de 9 100 magasins et son empreinte renforcée dans la proximité. L’autre entité, nommée Teract Ferme France, contrôlée par InVivo, serait en charge de l’approvisionnement en produits agricoles, locaux et en circuit court.
La création de valeur est envisagée à travers la mise en place de filières communes d’approvisionnement avec les coopératives, le déploiement de boulangeries artisanales au sein du parc de magasins Casino, ou encore "la montée en gamme de l’offre fruits & légumes avec un positionnement axé sur le frais", indiquent les deux sociétés. Difficile d’en mesurer à ce stade le potentiel économique, mais cet accord potentiel avec Teract peut aussi constituer une bonne nouvelle pour les créanciers de Casino.
Monétisation
L’opération valoriserait les activités mises en commun par Casino et Teract à un poids respectivement de 85 % et 15 % en valeur d’entreprise, des proportions logiques étant donné la taille beaucoup plus petite de Teract. Et le nouvel ensemble compte se doter d’un niveau de fonds propres supplémentaires de l’ordre de 500 millions d’euros, des discussions avec "un certain nombre d’investisseurs désireux de rejoindre le nouveau tour de table actionnarial" étant déjà engagées.
La nouvelle structure n’alourdirait donc pas les finances de Casino, dont l’endettement s’élevait à 6,4 milliards d’euros à fin 2022, avec une dette en France réduite à 4,5 milliards d’euros contre 4,9 milliards d’euros fin 2021. Un désendettement appelé à s’accélérer cette année en vue du remboursement d’échéances de dettes de 1,1 milliard d’euros en 2024. Le bouclage prévu du plan de cessions d’actifs en France devrait lui rapporter 400 millions d’euros, et la scission de l’enseigne brésilienne Grupo Exito de sa maison-mère brésilienne GPA, approuvée le mois dernier, va ouvrir la voie à de nouvelles options de monétisation.
Dans ce cadre, Casino a d’ailleurs annoncé il y a quelques jours un nouveau projet de cession d’une partie de sa participation dans son enseigne brésilienne en plein essor Assaí, pour un montant d’environ 600 millions de dollars.
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