Fusions, Acquisitions / Casino / Teract / Daniel Kretinsky / Marc de Lacharrière / Jean-Charles Naouri / Xavier Niel / Matthieu Pigasse / Moez-Alexandre Zouari
Fusions, Acquisitions
Casino / Teract / Daniel Kretinsky / Marc de Lacharrière / Jean-Charles Naouri / Xavier Niel / Matthieu Pigasse / Moez-Alexandre Zouari
Le trio Zouari-Niel-Pigasse projette d’investir 250 millions d’euros en equity dans Casino / Cet apport de "new money" marque une convergence entre le projet Teract et celui de Daniel Kretinsky
Comme cela était attendu, une convergence est petit à petit sur le point de s’opérer, dans le dossier Casino, entre le projet Teract (porté par son directeur général Moez-Alexandre Zouari, Xavier Niel et Matthieu Pigasse) et le projet de Daniel Kretinsky qui souhaite apporter 750 millions d’euros à l’occasion d’une augmentation de capital de Casino. Selon les informations de La Lettre de L’Expansion, ces différents acteurs ont beaucoup échangé depuis le début de la semaine ; notamment hier. Et à cette occasion le trio Zouari-Niel-Pigasse a convenu d’accompagner l’augmentation de capital souhaitée par Daniel Kretinsky en apportant à Casino 250 millions d’euros en "new money" à travers une structure juridique détenue à égalité par les trois hommes d’affaires, et indépendante de Teract.
Ce souhait d’accompagner la recapitalisation de Casino renforce la crédibilité du projet de rapprochement entre Teract et les activités de distribution en France de Casino, qui est prévu au sein de la société cotée Teract. Celle-ci est détenue à hauteur de 3,41 % par Xavier Niel, de 3,41 % également par Matthieu Pigasse (Combat Holding), de 5,86 % par Moez-Alexandre Zouari et de 75,89 % par InVivo. Ce dernier qui est l’un des premiers groupes agricoles et agroalimentaires européens, prévoit toujours d’apporter avec le groupement des Mousquetaires (Intermarché) 300 millions d’euros dans la corbeille de mariage.
Deux importantes conditions juridiques doivent encore être levées
L’apport de 250 millions d’euros qu’effectuerait le trio Zouari-Niel-Pigasse modifie la donne telle qu'elle a été décrite dans les deux communiqués de Casino, le 24 avril dernier. Car si les liens amicaux entre Jean-Charles Naouri et Marc de Lacharrière, qui durent depuis quarante ans, restent étroits, il semblerait que l’ancien numéro deux de L’Oréal - dont la holding Fimalac est actionnaire de Casino à hauteur de 2,65 % et créancière de Rallye pour 210 millions d’euros - ne soit plus certain de participer à l’augmentation de capital projetée par Daniel Kretinsky pour un montant de 150 millions d’euros. Même si chez Fimalac on explique étudier toujours cette éventualité. Dans ce cas, l’apport qui serait fait pas les trois actionnaires fondateurs de Teract remplacerait celui de Marc de Lacharrière au cas où il y renoncerait. Pour l’heure, Thomas Piquemal, directeur général délégué de Fimalac qui faisait partie du comité ad hoc, au sein du board de Casino, chargé d’étudier le projet Teract, a été prié de se déporter. Par ailleurs l’intervention de Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari, permettrait de créer un "équilibre des forces" au board de Casino face à Daniel Kretinsky.
Il reste que tous ces projets restent soumis à deux conditions. La première est la situation financière et juridique de Rallye, actionnaire de contrôle de Casino. Cette société a obtenu, fin avril, du tribunal de Commerce de Paris l’ouverture d’une procédure amiable pour tenter de renégocier avec ses créanciers un endettement estimé à près de 3 milliards d’euros. Ce mandat ad hoc a été décidé pour une durée initiale de trois mois renouvelable. Pendant cette période, les deux mandataires vont tenter d’engager les renégociations auprès des créanciers de Rallye et de sa cascade de holdings.
La seconde condition concerne la consultation que le groupe Casino a entamée avec ses créanciers bancaires et obligataires pour la mise en place de "waivers". Elle devrait se terminer mardi 23 mai à 17 h 00. Et c’est seulement après cette date que le conseil d’administration de Casino pourra décider ou non de demander au Président du Tribunal de commerce la désignation d’un conciliateur qui pourrait être Marc Sénéchal. Tout le temps de la conciliation va être mis à profit par les différentes parties prenantes pour finaliser le projet industriel autour de Teract-Casino et pour améliorer le projet de recapitalisation de Casino de manière que le groupe stéphanois puisse être assuré de recevoir environ 1 milliard d’euros de "new money". Les trois ténors du droit qui sont penchés sur ces aspects juridiques de la restructuration de Casino sont Yannick Piette, associé chez Weil Gotshal & Manges, pour le compte de Jean-Charles Naouri, Olivier Diaz, associé chez Gide, du côté du trio de Teract, et Saam Golshani, associé chez White & Case, pour le compte de Daniel Kretinsky.
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