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Fusions, Acquisitions / Casino / Jean-Charles Naouri / Xavier Niel / Matthieu Pigasse / Moez-Alexandre Zouari / Daniel Kretinsky

Fusions, Acquisitions
Casino / Jean-Charles Naouri / Xavier Niel / Matthieu Pigasse / Moez-Alexandre Zouari / Daniel Kretinsky

exclusif Journée capitale aujourd’hui pour le dossier Casino / Les parties prenantes découvrent le business plan du groupe élaboré avec Accuracy

EXCLUSIF. Loin de l’agitation médiatique qui a conduit l’AMF à rappeler à certains acteurs du dossier Casino les bonnes règles en matière de communication, aujourd’hui les hedge funds et les différentes parties prenantes vont pouvoir se plonger dans "l’Independant Business Review" du groupe préparé par le cabinet d’expertise financière Accuracy et validé par PricewaterhouseCoopers. Ce précieux document leur est présenté ce matin à Bercy.
Yannick Piette, associé chez Weil Gotshal & Manges - DR
Yannick Piette, associé chez Weil Gotshal & Manges - DR

C’est aujourd’hui que toutes les parties prenantes du dossier Casino ont accès à l’Independant Business Review préparé par les dirigeants du distributeur stéphanois avec l’aide du cabinet d’expertise financière Accuracy créé il y a vingt ans par Frédéric Duponchel après la déroute d’Arthur Andersen. Ce document très précieux dont tous les éléments chiffrés ont été examinés de manière critique par PricewaterhouseCoopers établit les perspectives de Casino en termes de chiffres d’affaires, de résultat d’exploitation et surtout d’Ebitda. Des données très précieuses car elles déterminent le montant des charges financières que le groupe de Jean-Charles Naouri peut acquitter au cours des prochaines années. Et c’est donc à partir de ces chiffres que tous les experts en "restructuring" pourront commencer à tirer des plans sur la comète et surtout à imaginer des scénarios d’écrasement de la dette et de recapitalisation.

Au delà d'une présentation commune faite ce matin à Bercy, les premiers à demander, aujourd'hui, l’accès à ce document ultrasecret, ce sont les équipes de Daniel Kretinsky et notamment son banquier d’affaires Jean-Philippe Cizain chez Messier & Associés ainsi que son avocat, Saam Golshani de White & Case ; de même que celles de la structure 3 F créée par Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari qui ont adressé à Casino, vendredi dernier, une lettre d’intention portant sur une recapitalisation d’au moins 200 à 300 millions d’euros et pouvant aller jusqu’à 1,1 milliard assorti d’un projet industriel protégeant l’identité du groupe et les 50 000 emplois français. Leur conseil juridique est l’avocat Olivier Diaz chez Gide. Leurs conseils bancaires sont Nicolas Constant chez Centerview Partners et depuis quelques jours Julien Fabre, co-responsable de l'activité de banque d'affaires de Deutsche Bank à Paris, ainsi que Saadi Soudavar, qui dirige l’activité Equity Capital Market de la banque allemande à Londres.

Mais tous les créanciers et leurs représentants, qui sont concernés au premier chef, même s’ils ont acheté les créances avec une forte décote tout en vendant à découvert l’action Casino ont également accès à ce document. Ils ont d'ailleurs été convoqués ce matin tôt à Bercy. Parmi ces différents créanciers on retrouve une quinzaine de grands hedge funds comme Attestor Capital, Davidson Kempner, Anchorage, Sculptor, ou Farallon Capital. Ils pourront solliciter l’Independant Business Review directement ou par l’intermédiaire de leurs conseils. À savoir Laurent Mabilat de Freshfields pour les porteurs de dette RCF (revolving credit facility), Alexandra Bigot, associée de Latham & Watkins pour les porteurs de Term-Loan B, Lionel Spizzichino associé de Wilkie Farr & Gallagher pour la dette High Yield et enfin Adam Gallagher associé londonien de Simpson Thacher’s pour les porteurs d’EMTN (Euro Medium Term Note).

 

Yannick Piette garant de l’équité juridique

 

Le seul habilité à communiquer ce document sous condition d’accord de confidentialité ou N.D.A. (Non Disclosure Agreement), c’est le cabinet Weil Gotshal & Manges dont le bureau parisien a été créé par Claude Serra. En l’occurrence c’est Yannick Piette, coresponsable de l’activité fusions & acquisitions, aidé d’Anne-Sophie Noury, chargée de la pratique "restructuring", qui maîtrisent l’envoi de ce document en garantissant un traitement équitable à toutes les parties prenantes. Chaque exemplaire est numéroté et marqué du nom du destinataire afin d’éviter la moindre fuite qui pourrait avoir un impact sur le cours de Bourse de Casino. D’autant que celui-ci est très volatil avec une hausse de plus de 40 % en une semaine sous l’effet des rachats de vendeurs à découvert.

Par ailleurs Yannick Piette qui échange plusieurs fois par jour avec Jean-Charles Naouri est le seul conseil juridique de Casino à avoir une vue d’ensemble du dossier. Si bien qu’il fait également un point quotidien avec les deux conciliateurs nommés par le Président du Tribunal de Commerce, Marc Sénéchal et Aurélie Perdereau. Il participe également à des réunions de calage avec les banquiers de Casino en matière de "restructuring". C’est-à-dire Arnaud Joubert chez Rothschild & Co et François Guichot-Pérère chez Lazard Frères. Tous deux ont été déjà largement sollicités il y a quelques semaines sur le dossier Orpea. Le premier comme conseil de la société. Le second en appui de la Caisse des Dépôts.

Reste maintenant à savoir quel usage chacun va faire de ces données financières en attendant l’expertise indépendante sur la situation de trésorerie du groupe. Xavier Niel qui consacre de plus en plus de temps à ce dossier a passé une matinée entière, en début de semaine, à présenter le plan de 3 F aux représentants des hedge funds venus de Londres jusqu’au siège d’Iliad. Car si c’est Daniel Kretinsky et le trio de 3 F qui focalisent toute l’attention, en fait ce sont les créanciers qui détiennent la clé de Casino en décidant quel plan convient le mieux à la fois à leurs intérêts et à l’avenir du groupe de distribution. Sans compter les montants de "new money" qu’ils sont prêts à miser en accompagnement de tel ou tel plan. Tout cela sous le regard un peu lointain mais acéré de la Direction du Trésor et plus spécifiquement du secrétaire général du CIRI (le Comité Interministériel de Restructuration Industrielle), Pierre-Olivier Chotard.

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