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Publications, Résultats / Casino / 3F / Kretinsky / Daniel Kretinsky / Marc Ladreit de Lacharrière / Matthieu Pigasse / Moez-Alexandre Zouari / Xavier Niel

Publications, Résultats
Casino / 3F / Kretinsky / Daniel Kretinsky / Marc Ladreit de Lacharrière / Matthieu Pigasse / Moez-Alexandre Zouari / Xavier Niel

Les actionnaires de Casino attendent le coup de grâce / Les repreneurs sont à Bercy ce mardi pour sauver le groupe

Les deux candidats à la reprise de Casino défendent leurs projets à Bercy cet après-midi. Quel que soit le vainqueur entre le duo Kretinsky-Ladreit de Lacharrière et le trio Niel-Pigasse-Zouari, les actionnaires doivent être bien conscients qu’ils seront sacrifiés.
Les candidats à la reprise de Casino présentent mardi leurs projets devant le Comité Interministériel de Restructuration Industrielle (CIRI) à Bercy - Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Les candidats à la reprise de Casino présentent mardi leurs projets devant le Comité Interministériel de Restructuration Industrielle (CIRI) à Bercy - Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Un petit délai supplémentaire n’est pas de trop lorsqu’il s’agit de sauver le sixième distributeur français. Alors qu’elles devaient expirer ce lundi à minuit, les offres de reprise de Casino ont vu leur validité prolongée jusqu’à mercredi. Les deux candidats à la recapitalisation du groupe ont de nouveau rendez-vous au Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) ce mardi après-midi, afin de défendre leurs projets déjà présentés une première fois le 5 juillet.

Un nouveau grand oral pour tenter de se montrer le plus convaincant sachant que Bercy, le tribunal de commerce de Paris et le conseil d’administration du groupe ont chacun leur mot à dire sur le choix du projet qui sera retenu. Et bien sûr aussi les créanciers, qui ont le pouvoir de faire pencher la balance en décidant quel plan convient le mieux à leurs intérêts. Sur ce point, l’offre de la société 3F du trio Xavier Niel, Moez-Alexandre Zouari et Matthieu Pigasse, "bénéficie du soutien d’un groupe important de créanciers", a-t-elle déjà fait valoir. Elle aurait reçu des propositions de la part de plusieurs d’entre eux à hauteur de 600 millions d’euros, selon différentes sources. De quoi renforcer sa surface financière visiblement moins importante que celle de son concurrent.

 

Désendettement plus ou moins massif

 

Rappelons que pour renflouer Casino qui croule sous une dette de 7,6 milliards d’euros, 3F propose en effet 900 millions d’euros de " new money ", dont 450 millions d’euros sous forme de fonds propres et 450 autres millions d’euros de dette " super­senior", quand l’offre du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, associé pour l’occasion à Marc Ladreit de Lacharrière, le président et fondateur de Fimalac, propose une recapitalisation en fonds propres d’un montant de 1,35 milliard d’euros, dont au moins 860 millions d’euros apportés par les deux partenaires, et 290 millions d’euros apportés par les créanciers sécurisés.

Outre cette augmentation de capital en numéraire supérieure, l’offre de Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière prévoit de convertir bien plus de dettes en capital que celle de 3F. Toutes les dettes non sécurisées seraient converties dans les deux cas, mais l’offre du duo Kretinsky-Lacharrière inclut aussi 1,5 milliard d’euros de dettes sécurisées, contre 300 millions dans le plan du trio Niel-Pigasse-Zouari. De facto, le désendettement serait plus massif, ramené à 2 milliards d’euros dans le premier scénario, contre plus de 3,6 milliards d’euros dans le second.

Si tant est que les créanciers préfèrent l’offre de 3F, le conseil d’administration pourrait donc davantage porter son choix sur l’offre Kretinsky-Fimalac, "en particulier pour la raison centrale de structure de capital plus pérenne ", note le cabinet d’analystes Oddo BHF. Et ce en complet alignement avec la feuille de route publiée fin juin par le groupe, dans laquelle il jugeait nécessaire de convertir en capital entre 1 milliard et 1,5 milliard d’euros de dette sécurisée (Revolving Credit Facility et Term Loan B). Le but étant "d’avoir une structure de dette compatible avec la génération de trésorerie prévue par le plan d’affaires 2023-2025", expliquait-il.

 

Multiplication par 500 du nombre d’actions

 

Dans un cas comme dans l’autre, les actionnaires ne doivent en revanche se faire aucune illusion. Le groupe a certes prévenu qu’ils seraient "massivement dilués" quel que soit le plan de restructuration final, mais la formule "totalement écrasés" serait sans doute plus juste. Ils doivent s’attendre à une multiplication d’environ 500 fois du nombre d’actions en circulation par rapport aux 108 millions actuelles. Un véritable "coup de grâce", prévient ainsi le cabinet de recherche indépendant AlphaValue. Leur participation devrait se situer entre 0,03 % et 0,20 % de celle qu’ils détiennent aujourd’hui, le plan Kretinsky-Fimalac prévoyant une dilution de 99,8 %, tandis que celle impliquée par le projet 3F atteint 99,97 %.

Quant à la question de savoir quelle pourrait être la valorisation cible post restructuration, en prenant pour hypothèse très généreuse un ratio de valeur d’entreprise sur chiffre d’affaires de 0,4 fois, Oddo BHF arrive respectivement à 7 centimes et 1 centime par action. Mais il est peu probable de toute façon que le groupe demeure longtemps coté, dans la mesure où le faible flottant restant ne permettrait pas d’absorber les ventes des créanciers n’ayant pas vocation à rester au capital. En comparaison, et bien qu’à son plus bas niveau historique, le cours de l’action Casino apparaissait finalement encore assez élevé mardi après-midi, en baisse de 1,4 % à 2,97 euros à la Bourse de Paris.

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