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Casino / Marc Ladreit de Lacharrière / Daniel Kretinsky
Casino : verdict sans suspense pour un plan de redressement ambitieux / Daniel Kretinsky prévoit d’investir massivement dans les enseignes
Tout est désormais réuni pour que les choses aillent vite afin de sauver Casino. De rebondissement en rebondissement, Daniel Kretinsky va finalement s’imposer. Il n’y a plus de suspense sur l’identité du repreneur du distributeur depuis que la société 3F qui réunit les intérêts de Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari a jeté l’éponge ce week-end. C’est donc l’homme d’affaires tchèque, associé à Marc Ladreit de Lacharrière, qui devrait l’emporter, après avoir révisé son offre et obtenu l’accord de certains créanciers parmi les principaux détenteurs de dette sécurisée qui soutenaient jusqu’alors l’offre de 3F.
Le verdict sera acté à l’issue d’une journée très dense. Après une réunion du comité ad hoc constitué des administrateurs indépendants du conseil de Casino qui avait lieu ce matin, le plan de Daniel Krestinky et de son partenaire sera présenté en début d’après-midi dans le détail devant le comité interministériel de restructurations industrielles (Ciri) lors d’une réunion où seront évidemment présents les conciliateurs, les créanciers, ainsi que des représentants de la société. A l’issue de cette réunion, le conseil d’administration de Casino se réunira à son tour pour rendre son verdict sur l’offre en question.
Le contenu de celle-ci a été révisé par rapport à la première mouture. Le changement essentiel porte sur le montant de "new money" apporté. La première offre prévoyait 1,35 milliard d’euros dont uniquement 860 millions d’euros étaient fermes, souscrit par la holding Fimalac de Marc Ladreit de Lacharrière et Daniel Krestinsky, le solde étant des augmentations de capital qui étaient proposées à la souscription aux créanciers ou aux actionnaires.
1,2 milliard d’euros d’argent frais
Dans la nouvelle proposition, le new money a été ramené à 1,2 milliard d’euros, mais ce montant est désormais totalement garanti. Et pour obtenir le soutien des créanciers sécurisés et en particulier celui des cinq principaux d’entre eux, Attestor, Davidson Kempner, Farallon et Monarch, le montant de la dette sécurisée à convertir en capital a été légèrement réduit. Et ce, sachant que ce qui a été obtenu par les plus gros hedge funds, qui disposaient du meilleur levier de négociation, a donc toutes les chances de convenir également aux autres créanciers sécurisés. Ce qui devrait permettre d’obtenir la majorité requise des deux tiers pour pouvoir mettre en œuvre et exécuter le plan et, le cas échéant l’imposer aux porteurs de dette non sécurisée. Au total, l’endettement net de la société serait ainsi réduit de plus de 6 milliards d’euros, permettant de retrouver une situation financière assainie propice à la relance de l’activité.
Sur le volet industriel justement, le plan élaboré par Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière repose en grande partie sur celui conçu par l’entreprise elle-même, nécessitant d’importantes dépenses d’investissement, qui pourront désormais être financées. Comme souvent dans la distribution, les clients sont partis rapidement et reviennent doucement. "La priorité est donc d’investir dans les magasins et d’investir sur l’offre et avec des concepts différents selon les enseignes avec une enveloppe d’investissement très importante par l’enseigne et qui passe par des embauches, au moins 500 chez Monoprix par exemple", souligne une source proche du dossier.
Par ailleurs, contrairement à certaines craintes qui ont pu être exprimées jusqu’ici, le plan prévoit bien de préserver l’intégrité du groupe, il n’y aura pas de démantèlement. Toutes les activités françaises de Casino seraient ainsi préservées, nonobstant la bonne réalisation à la fois de l’accord conclu avec Intermarché et du partenariat initié avec Prosol.
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