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Evenements / Carrefour / Alexandre Bompard

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Carrefour / Alexandre Bompard

2019, année charnière pour Alexandre Bompard et Carrefour ?

À la tête du distributeur depuis 18 mois, Alexandre Bompard commence à redresser les ventes en France, et a mis en place des changements radicaux. En 2019, il sera plus que jamais attendu sur sa capacité à relancer cette grosse machine, surtout après les discussions préliminaires avortées avec Casino.
Alexandre Bompard - Fnac
Alexandre Bompard - Fnac

Après les années Plassat, Alexandre Bompard était attendu comme l’homme du renouveau chez Carrefour. Jeune (46 ans aujourd’hui), Énarque, un parcours d’exception à la Fnac qu’il a transformé en pionnier du digital, il faisait figure de profil idéal pour changer le cap du paquebot Carrefour, embourbé dans une croissance molle depuis des années. Et il n’a pas tardé à prendre des décisions drastiques, comme la fermeture des ex-Dia, un plan de départs volontaires de 2.400 personnes ou encore la réduction de la surface des hypermarchés. Mais aussi une réorganisation profonde en interne, avec la nomination en septembre dernier de trois profils jeunes, experts de la transformation mais novices en distribution, pour diriger ses trois métiers. Marie Cheval - l’ex-patronne de Boursorama – et qui était arrivée un an plus tôt comme responsable du digital, a été placée à la tête des hypermarchés, où l’enjeu de l’innovation sera clé pour rebondir.

Dix-huit mois plus tard, ce dernier commence à voir les premiers fruits de ses changements, en particulier en France où Carrefour est enfin repassé dans le vert au troisième trimestre, grâce à la stabilisation des hypermarchés, mais aussi au Brésil. Le patron a également obtenu une belle victoire en signant un partenariat stratégique avec Google en juin dernier, le premier de ce type en Europe pour la firme de Mountain View. Mais il n’a pas été épargné par les critiques, notamment sur le sujet de la rémunération lors de l’assemblée générale annuelle. La prime de 13 millions d’euros attribuée à Georges Plassat, a été vivement critiquée par le Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise (HCGE) mais aussi Bruno Le Maire. Ce qui a poussé Alexandre Bompard à redéfinir les règles de son propre départ, mais aussi la composante actions de sa rémunération variable.

Aujourd’hui, l’homme doit encore faire les preuves de ce renouveau, en particulier d’un redressement durable en France, toujours impacté par la guerre des prix entre les acteurs. "Les pressions sur les marges demeurent intactes, du fait des parts de marché en France (en particulier sur les hypermarchés)", écrivait encore Jefferies en juillet dernier. Alexandre Bompard et Jean-Charles Naouri sont parvenus à la même conclusion et se sont même rencontrés en septembre pour parler de l’avenir de la distribution en France, où six acteurs détiennent plus de 10 % de parts de marché, une situation inédite dans d’autres secteurs. À l’époque, Carrefour a démenti toute discussion sur un éventuel rapprochement, mais WanSquare a révélé qu’elles avaient avorté lorsque ce dernier avait refusé de s’engager à limiter toute participation potentielle au capital de Casino.

Si ce premier contact a été ébruité dans la presse, les deux groupes n’ont fait aucun commentaire depuis, même si Alexandre Bompard se montre régulièrement ouvert à l’idée d’une concentration du secteur, expliquant par exemple dans Le Monde qu’avec "un marché incroyablement concurrentiel et peu concentré", "la France a besoin de grands groupes industriels" et appelant à l’ouverture des autorités de la concurrence. Toute rumeur en ce sens aurait en tout cas le mérite de faire rebondir le cours de Bourse de Carrefour, qui a perdu 32 % depuis son arrivée à la tête du groupe.

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