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Carrefour / Alexandre Bompard / Casino
Carrefour profite de l'effet "Bompard"
Serait-ce le début du rebond pour Carrefour dont le titre a gagné plus de 10 % depuis le début de l’année et qui affole les boursiers ce matin avec une envolée de près de 6 % ? Il est sans doute trop tôt pour le dire, même s’il est certain que le pire est désormais passé pour le groupe de distribution qui commence à récolter les fruits de l’effet Bompard, du nom de son nouveau patron.
Comme tous les groupes de distribution Carrefour a bien évidemment pâti de l’effet "Gilets Jaunes" au quatrième trimestre. Mais en dépit de cet élément impondérable, les hypermarchés français ont vu leurs ventes reculer de 2,2 % en comparable - une baisse inférieure aux 2,8 % attendus. Si bien qu’au quatrième trimestre, les ventes du groupe ont reculé de 2,3 % à 22,63 milliards d'euros, pénalisées par la baisse du real brésilien. Mais à magasins comparables, hors taux de change, essence et effets calendaires, elles ont progressé de 1,9 % après une hausse de 2,1 % au troisième trimestre.
Un retour à une dynamique durablement positive dans les hypers français de Carrefour reste crucial. Ils comptent pour près du quart du chiffre d'affaires du distributeur et leur sous-performance plombe les résultats depuis des années. À l’inverse la tendance est restée positive, quoique ralentie, dans les autres formats de Carrefour, avec une hausse de 1,9 % dans les supermarchés et de 3,1 % dans la proximité.
Parallèlement, le déploiement de nouveaux "drive" et "drive piétons" et l'extension de l'offre de livraison à domicile a permis au commerce alimentaire de progresser de plus de 30 %. Ce qui constitue une très belle réussite. Ailleurs, la tendance s'est accélérée au Brésil (+6,2 %) sorti de la déflation alimentaire, grâce aux performances des formats de demi-gros Atacadao, tandis qu'elle est restée mal orientée en Espagne et en Italie. La Chine, toujours à la peine, poursuit son inexorable recul malgré les efforts déployés pour s'adapter à la digitalisation massive du marché local.
Sur l'ensemble de l’exercice 2018, Carrefour a donc finalement ralenti la cadence avec une croissance de 1,4 % en comparable, contre 1,6 % en 2017. Mais, et c’est ce qui séduit les investisseurs ce matin, le résultat opérationnel 2018 est attendu aux environs de 1,93 milliard d'euros, en croissance organique de 4 %, pour un consensus de 1,86 milliard. Les chiffres définitifs seront connus le 28 février prochain.
Tout cela est de bon augure pour Alexandre Bompard et pour le plan stratégique qu’il a mis en œuvre avec comme échéance la période 2020-2022. Ce plan repose sur des économies, des cessions d’actifs non stratégiques, le développement du e-Commerce et les ventes de produits bios, dont on a pu mesurer récemment la forte croissance chez Casino. D’ailleurs, ce matin le titre Carrefour emmène à la hausse l’action Casino. Tout cela a permis à Alexandre Bompard, dont la parole est rare et prudente d’estimer hier que "tout ce qui a été achevé en 2018 montre que Carrefour est sur la bonne voie". Même s’il s’est refusé à donner des indications sur les économies réalisées au deuxième semestre ou la stratégie de prix des hypermarchés en France, qui ont encore perdu du terrain en 2018, avec une baisse de leurs ventes de 1,4 % en données comparables.
Tout cela justifie que, ce matin, de nombreux analystes parlent de début de redressement. Sur une vingtaine d’analystes qui suivent la valeur de près, 18 sont à l’achat avec un objectif de cours qui tutoie les 25 euros. Ce qui permet de penser que la flambée d’aujourd’hui n’est pas un feu de paille.
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