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Casino / Jean-Charles Naouri
Naouri tord le cou à la spéculation
Selon les informations recueillies par WanSquare, le montant des ventes à découvert - déclarées à l’AMF - concernant le titre Casino, représentaient en date de vendredi dernier 18,7% du capital. Et les mêmes fonds vautours ou pseudo hedge funds qui parient depuis plusieurs semaines sur une baisse du titre du distributeur français, cherchaient aussi à attaquer sa holding, la société Rallye, prétextant d’un endettement trop important.
Saisie par plusieurs acteurs du marché, l’AMF s’est fendue, le 4 septembre dernier, d’un communiqué un peu timide, rappelant que les ventes à découvert étaient réglementées et qu’elles ne devaient pas alimenter de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux. Le problème qui touche Casino, et dont le groupe a déjà été victime à la fin de l’année 2015 et en janvier 2016, vient notamment de la firme Muddy Waters (littéralement : en eaux troubles) qui a l’habitude de vendre des titres à découvert et ensuite de publier des informations négatives sur sa cible. En dépit d’une plainte contre X, ce fonds a recommencé fin août en publiant un simple tweet accusant Casino de n’avoir pas publié les comptes d’une filiale "technique" Casino Finance. Afin de jeter le doute sur l’ensemble du groupe.
Depuis un mois, en dépit d’attaques répétées et violentes, Jean-Charles Naouri a fait preuve d’un grand sang-froid avant d’annoncer ce matin que Rallye, la holding de contrôle de Casino a obtenu une ligne de crédit de 500 millions d'euros auprès de cinq banques. Ce qui lui permettra de rassurer le marché en attendant que sa filiale Casino procède aux cessions d'actifs annoncées pour réduire sa dette. Cette ligne de 500 millions, à échéance 30 juin 2020, a été contractée auprès de BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, Crédit Industriel et Commercial, HSBC et Natixis. Elle a été obtenue sans nantissement de titres. Ce qui témoigne de la confiance des plus grands établissements financiers français à l’égard de Rallye et de Casino.
Pour certains, en agissant ainsi, le groupe de distribution s’achète du temps, face à la pression quotidienne des vendeurs. Surtout il desserre la nasse qui l’oppresse depuis plusieurs semaines en obligeant les vendeurs à découvert à racheter des titres qu’ils avaient cédés sans être en mesure de les livrer. Ce qui est interdit par la réglementation boursière. C’est ce qui justifie la hausse de 3% de l’action Casino et de 7% du titre Rallye. Toute la question est de savoir la durée de la pause que le patron d’Euris s’est offerte en attendant des cessions d’actifs. Il a tordu le cou à la spéculation. Mais, comme la calomnie, celle-ci peut continuer à courir tel un canard sans tête. Les séances à venir seront décisives. Pour l’heure Naouri a repris la main.
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