WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Air France - KLM / Air France-KLM / augmentation de capital / dilution / décote

Entreprises / Actions
Air France - KLM / Air France-KLM / augmentation de capital / dilution / décote

Air France-KLM poursuit son renflouement à haut risque

Obligée de renforcer ses fonds propres et de rembourser les aides d’Etat qui l’ont sauvée pendant la pandémie, la compagnie aérienne a lancé une nouvelle augmentation de capital salutaire, mais à forte décote. D’autres mesures pour renflouer son bilan très déséquilibré seront cependant nécessaires.
Air France-KLM lance une nouvelle augmentation de capital - Photo by Nicolas Economou / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Air France-KLM lance une nouvelle augmentation de capital - Photo by Nicolas Economou / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Cela faisait plusieurs mois que le groupe franco-néerlandais préparait l’opération. L’augmentation de capital tant attendue, évoquée dès février dernier dans son principe par Air France – KLM, se montera finalement à 2,256 milliards d’euros, a annoncé mardi la compagnie aérienne.

Le montant, plus important que lors de la précédente recapitalisation de l'entreprise en avril 2021, est colossal comparé à la capitalisation boursière de moins de 3 milliards d’euros de l'entreprise, mais plus que nécessaire pour renflouer son fragile bilan. Sa dette, qui s’élevait encore à 7,6 milliards d’euros à fin mars, n’est pas soutenable. Ses fonds propres négatifs de 4,2 milliards d’euros à fin mars doivent être ramenés en territoire positif au plus tard à la fin de l’année prochaine, et les aides d’Etat considérables - de 10,4 milliards d’euros au total - perçues au début de la pandémie pour faire face à l’effondrement du trafic aérien, doivent absolument finir d’être remboursées. L’enjeu de leur remboursement dépasse d’ailleurs la simple dimension comptable. Les velléités d’Air France – KLM de participer au rachat d’ITA Airways, la nouvelle compagnie italienne née des cendres d'Alitalia, "sont freinées par ses prêts de sauvetage gouvernementaux", rappelle un analyste. La Commission européenne interdit toute acquisition de plus de 10% d’une autre entreprise tant que plus de 75% de ces aides ne sont pas remboursées.

De fait, Air France-KLM compte affecter une large part – 1,7 milliard d’euros - du produit de son augmentation de capital au remboursement des titres super subordonnés émis en avril 2021 et détenus par l'Etat français. Le reste de la somme est destiné au renforcement des fonds propres. Le groupe l’assure, son niveau de liquidité et le redressement espéré de ses résultats dans un contexte aérien mieux orienté, "doi[vent] permettre de poursuivre le remboursement des aides d’Etat au cours des prochains trimestres".

En attendant, Air France - KLM est condamnée à réussir sa levée de fonds, la période de souscription allant du 27 mai au 9 juin inclus. Le récent partenariat capitalistique conclu avec le groupe CMA GGM, numéro deux mondial du transport maritime par conteneur, va l’y aider. CMA CGM s’est engagé à souscrire pour un montant maximum de 400 millions d’euros à l’opération, dans la limite de 9% au maximum du capital à l’issue de l’augmentation de capital. De plus, sur les 1,93 million d’actions nouvelles que le groupe compte émettre pour cette opération, l’augmentation de capital a fait l’objet d’un contrat de garantie conclu avec un syndicat de banques, les garants s'engageant à souscrire aux actions nouvelles non souscrites au 9 juin à hauteur de 360 millions d’euros, soit 16% de l'opération.

Pour mettre toutes les chances de son côté, la compagnie a aussi pris le parti de fixer un prix de souscription très bas de 1,17 euro par action nouvelle. La décote de 73% par rapport au cours de clôture de l’action Air France-KLM de lundi est gigantesque. Elle implique une dilution non moins considérable pour les actionnaires qui ne souhaiteraient pas participer à l’opération. Ce qui explique d’ailleurs la chute ce mardi du titre Air France-KLM, qui perdait 14% mardi vers 16h00, à 3,75 euros. "Nous retenions une hypothèse d'augmentation de capital de 2 milliards d'euros à 2,88 euros par action nouvelle, la dilution est donc bien plus importante que prévu", note un courtier.

Premier actionnaire d’Air France-KLM, l’Etat français s’est engagé à participer à l’opération afin de maintenir sa participation inchangée à 28,6% du capital. De même, l'Etat néerlandais envisage de maintenir son niveau de détention à 9,3% du capital. La répartition de l'actionnariat devrait ainsi demeurer globalement la même après l’opération, qui ne marque cependant pas la fin des efforts du groupe pour renflouer ses caisses. Comme le souligne UBS, "Air France-KLM a encore du travail à faire pour consolider son bilan".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article