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Actionnariat salarié / abondement / mécanismes d'incitation / décote / Equalis
De l’importance des mécanismes d’incitation pour l’actionnariat salarié / Une pratique plus que majoritaire où les abondements prennent la vedette
Loin d’être réservé aux grands groupes cotés, l’actionnariat salarié s’installe aussi dans de plus petites structures non cotées. Si seules 3,7 % des entreprises de taille intermédiaire (ETI, qui emploient entre 250 et 5 000 salariés) recensées par l’indice publié par la société de gestion Equalis Capital cette semaine ont pour l’instant mis en place un fonds commun de placement d’entreprise (FCPE), le mécanisme apparaît intéressant. En effet, l’indice Equalis mesurant la performance des investissements des salariés actionnaires des entreprises de son échantillon - au nombre de 65 cette année - a progressé de 17,1 % sur un an, de 153 % sur les cinq dernières années et de 441 % depuis 2015. Encore faut-il, pour s’assurer du succès du taux de souscription (50,4 % en moyenne en 2023), offrir certaines incitations aux employés afin de réduire le niveau de risque au maximum.
Et de fait, les entreprises faisant état de mécanismes d’abondement (donc d’une aide financière émanant de l’entreprise et venant compléter l’épargne salariale) ou de décote (sur le prix de l’action) présentent des taux de souscription moyens bien plus élevés que les entreprises qui n’en proposent pas : 53 % pour les premières, 35 % pour les secondes.
Une efficacité probante
En matière d’avantages, l’aide des entreprises fait d’ailleurs ses preuves. En cas de baisse de la valeur de l’action, elle permet d’absorber sa baisse à hauteur de 30 % avant que l’investissement du salarié ne devienne à risque. Mais, aussi, de transformer un gain de 153 % sur la valeur de l’action à cinq ans, en un rendement de 261 %. La pratique est par ailleurs répandue, puisque 79 % recourent à des mécanismes d’aide. "Lors de la création du FCPE, les entreprises privilégient l’abondement et la décote. Les années de réouverture, les entreprises choisissent généralement d’accompagner les salariés avec de l’abondement uniquement", souligne Equalis dans son baromètre de l’actionnariat salarié.
Deux mécanismes complémentaires, dont l’effet conjoint ressort supérieur à l’addition des effets individuels. Pour un abondement maximum de 300 % correspondant au maximum autorisé par la loi, sans décote, le taux de souscription est estimé par Equalis entre 65 % et 70 %. Pour cette même proportion d’abondement, mais avec une décote de 30 %, le taux dépasse 80 %.
Trois leviers
L’abondement restant donc le mécanisme d’incitation le plus courant, les entreprises ont le choix entre trois leviers pour le moduler : le nombre de tranches, son montant et le taux. Concernant le taux, il reste en grande majorité (74 %) inférieur à 150 %. Du côté du nombre de tranche, la proportion s’équilibre. Un peu plus de la moitié procède à des abondements à tranche unique, un peu moins à tranches multiples. Sur son plafond, le résultat est plus contrasté. La majorité le fixe à 500 euros (pour 40 % des cas). Puis, à 32 %, le plafond se situe entre 500 et 1 000 euros. Enfin, pour le reste, il est supérieur à 1 000 euros.
Il reste en tout cas à souligner que ce mécanisme d’abondement pourrait se voir dynamiser par le projet de loi de finances 2024, du moins pour les entreprises cotées en Bourse. Alors que le gouvernement a posé les rachats d’actions - visant à soutenir le cours des titres - dans son viseur, celles qui procèdent à ce type d’opérations devraient être contraintes d’en faire profiter leurs salariés au travers d’un versement exceptionnel, au titre du partage de la valeur de l’entreprise. Avec donc en son sein les mécanismes d’abondements des plans d’épargne salariale.
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