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Entreprises / Actions / Dividende salarié / Actionnariat salarié / Veolia / Loi Pacte / Bercy / gouvernement / partage de la valeur / Actionnariat / performance financière

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Dividende salarié / Actionnariat salarié / Veolia / Loi Pacte / Bercy / gouvernement / partage de la valeur / Actionnariat / performance financière

L’actionnariat salarié, la solution au partage de la valeur ? / Un mécanisme qui séduit de plus en plus

Alors que les salariés de Veolia viennent de devenir le premier actionnaire du groupe, le plan d’actionnariat salarié est en train de se démocratiser au sein des grandes entreprises. Un engouement dû en grande partie à l’allègement du mécanisme par la loi Pacte de 2019.
Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia (©Eric TSCHAEN/REA)
Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia (©Eric TSCHAEN/REA)

A l’heure du tout ESG (enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance) et tandis que l’exécutif souhaite passer en force en imposant d’ici les prochains mois aux entreprises l’instauration d’un dividende salarié, un mécanisme très avantageux et existant vise déjà à répondre à toutes ces problématiques en même temps. L’actionnariat salarié permet en effet à une société non seulement d’associer ses collaborateurs aux questions sociales et de gouvernance mais contribue aussi à un meilleur partage de la valeur au sein de l’entreprise.

 

Veolia donne l'exemple

 

Et Veolia semble l’avoir bien compris. Le numéro un mondial de l’eau et de la gestion des déchets vient d’annoncer le succès sa dernière opération d’actionnariat salarié, faisant des salariés du groupe son premier actionnaire, avec 6,5% du capital. Une première pour une société du CAC 40. L’opération a atteint un taux de souscription de 42%, soit le plus élevé de l’histoire de Veolia avec plus de 75 000 salariés souscripteurs sur les 179 000 auxquels l’opération était réservée. Le montant investi, de l’ordre de 243 millions d’euros levier inclus, se solde par l’émission de plus de 14 millions d’actions nouvelles, soit 2% du capital social.

Pour rappel, avant cette nouvelle opération, les salariés du géant français étaient déjà le deuxième actionnaire du groupe avec 5% du capital. Cette nouvelle édition revêtait toutefois pour Veolia un caractère encore plus particulier : elle a permis d’y associer les nouveaux collaborateurs venus de l’ex-Suez.

 

Une multiplication des plans

 

Mais le numéro un mondial de l’eau et de la gestion des déchets n’est pas le premier groupe à s’intéresser à ce mécanisme. Ces dernières semaines, son ancien rival, justement, le nouveau Suez, a finalisé lui aussi le plus important plan d’actionnariat salarié de son histoire en tant qu’entreprise non cotée. Plus de 140 millions d’euros ont été souscrits correspondant à 3% du capital au lancement du plan et un taux de participation de 40%. Ou encore Renault, dont l’ambition affichée lors de son Capital Market Day organisé le 8 novembre dernier, était de porter l’actionnariat salarié à 10% d’ici à 2030. Grâce au plan baptisé "Renaulution Shareplan", les salariés détiendront bientôt 4,7% du capital du constructeur automobile. Même le géant du luxe, Kering, s’y est mis. Intitulé "KeringForYou", ce programme, lancé en mai 2021, est une première pour le groupe dirigé par François-Henri Pinault qui souhaite "intéresser ses équipes à son développement et à ses performances futures".

 

Les salariés répondent présents

 

Il faut dire que la loi Pacte du 22 mai 2019 est venue renforcer l’attractivité du dispositif en baissant notamment le forfait social de 20% à 10%. Il a même été supprimé pour les entreprises de moins de 50 salariés. Et la réforme semble avoir convaincu les entreprises. Selon une étude du cabinet de conseil Eres, les plans d’actionnariat salarié dans les entreprises du SBF 120 ont connu un fort succès en 2021 (les chiffres de 2022 ne sont pas encore connus), avec un nombre record d’opérations proposées. Au total, 42 ont été menées par 37 entreprises. "L’actionnariat salarié s’impose comme un pilier de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et entre désormais dans les critères d’analyses ESG. Cette nouvelle donne incite les entreprises à proposer plus d’opérations d’actionnariat salarié, pour partager les fruits de la croissance", observe le cabinet de conseil.

Et les salariés d’adhérer à l’idée : 43% de ceux éligibles ont souscrit 60% des actions qui leur ont été proposées. Des taux de souscription supérieurs à leur moyenne historique (respectivement 57% pour le pourcentage d’actions souscrites et 41% pour le pourcentage de salariés souscripteurs sur la période 2011-2021, selon Eres). A noter également que le montant total souscrit l’année dernière a augmenté de 50% sur l’année, passant de 2,5 milliards d’euros en 2020, à 3,7 milliards d’euros en 2021, soit un record historique. Le montant moyen par salarié souscripteurs, lui, a augmenté de plus de 1000 euros de 2020 à 2021, passant de 4540 euros à 5600 euros.

 

La barre de 10% du capital pour objectif

 

Un mécanisme qu’encourage également et fort logiquement la Fédération Française des Associations d’actionnaires salariés et anciens salariés (FAS) qui dans une lettre ouverte au président de la République, en septembre dernier, a invité le gouvernement à repenser la place de l’actionnariat salarié dans les mécanismes de partage de la valeur, en lui accordant une place beaucoup plus importante pour répondre à l’objectif de 10% du capital détenu par les salariés à l’horizon 2030, comme le souhaitait la loi Pacte. "La réponse (au partage de la valeur) se trouve dans le levier de l’actionnariat salarié (…). La généralisation de l’actionnariat salarié devrait figurer au rang des priorités de l’action gouvernementale pour la transformation nécessaire de la société française face aux enjeux économiques et sociaux. Par les dividendes qu’il procure aux salariés actionnaires, ainsi que par leur association à la gouvernance, l’actionnariat salarié permet tout à la fois un meilleur partage de la valeur créée grâce à leur travail et un renforcement de la responsabilité sociale de l’entreprise", peut-on lire dans le courrier. Un outil qui pourrait en outre permettre aux Français de se constituer une épargne à long terme, y compris en vue de la retraite.

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