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dividendes / crise énergétique / secteur pétrolier / gaz / partage de la valeur / Janus Henderson
Les dividendes des producteurs de pétrole et de gaz s’envolent / Ils ont bondi de 75% au troisième trimestre
Voilà une nouvelle qui pourrait bien attiser encore un peu plus en France le débat sur le partage de la valeur.
Avec la flambée des prix du pétrole, les dividendes mondiaux ont atteint au troisième trimestre le niveau record de 415,9 milliards de dollars, représentant une augmentation de 7% sur une base globale (+10,3% en croissance sous-jacente après prise en compte de l’appréciation du dollar américain). Un niveau de versements essentiellement dû aux bénéfices distribués aux actionnaires des compagnies pétrolières et de gaz qui ont augmenté de 75% à 46,4 milliards de dollars sur la période, selon l'indice réalisé par le gestionnaire d’actifs Janus Henderson.
Sans la crise énergétique, les versements mondiaux seraient restés stables. Celle-ci n'étant pas encore réglée, Janus Henderson a donc décidé, dans ce contexte, de revoir à la hausse ses prévisions annuelles. Certes, "à l'horizon 2023, le ralentissement de la croissance économique mondiale devrait cependant avoir un impact sur les bénéfices et la capacité de certaines entreprises à augmenter leurs versements", estime le gestionnaire d'actifs. Mais il s’attend désormais à une distribution de 1 560 milliards de dollars de dividendes à travers le monde en 2022, soit une progression de 8,9% sur une base sous-jacente et 30 milliards de dollars de plus par rapport aux prévisions réalisées il ya trois mois.
Il faut dire que 90% des entreprises, au niveau mondial, ont encore augmenté ou maintenu leurs dividendes à un niveau constant au troisième trimestre, contre 94% au premier semestre.
Dans le détail, les compagnies pétrolières ont procédé à des augmentations de versements (+19,9 milliards de dollars), principalement par le biais de distribution de dividendes extraordinaires plutôt que par une simple augmentation des versements réguliers. Et c’est la société Petrobras au Brésil qui s’est montrée la plus généreuse avec 19,4 milliards de dollars versés, ce qui en fait le deuxième plus gros payeur de dividendes au monde cette année, après BHP, selon l'indice.
A l’inverse, le secteur minier s’étant effondré, les entreprises du secteur ont été poussées à réduire, au troisième trimestre, leurs dividendes. Un phénomène rencontré surtout en Australie (baisse sous-jacente de 13%).
D'ailleurs, côté régions,Taïwan (29,6 milliards de dollars versés, soit +95,5% sur une base sous-jacente), les Etats-Unis, Hong Kong (27,8 milliards de dollars de dividendes, +18%) et le Canada ont été les principaux moteurs de la croissance des dividendes sur la période, les secteurs de l’énergie et de la finance ayant été déterminants pour ces trois derniers. A noter que la Chine, où le troisième trimestre est traditionnellement une période très importante pour les dividendes,voit sa croissance sous-jacente des versements être inférieure à celle du reste du monde (+6,7%). Un tiers des sociétés de l’indice ont en effet réduit leurs dividendes, en raison notamment du secteur immobilier lourdement touché par une grave récession.
Même constat pour l'Europe, où les dividendes sont essentiellement versés au deuxième trimestre. La croissance sous-jacente y a ralenti à 10,2% en raison du rattrapage post-pandémique, de la faiblesse des devises européennes et de la baisse des dividendes extraordinaires, selon Janus Henderson. A noter enfin qu'en France, la croissance sous-jacente des dividendes a atteint 15,1%, la majeure partie provenant de Veolia. Le principal payeur, TotaEnergies, a certes maintenu son dividende, mais a annoncé également un important dividende extraordinaire pour le quatrième trimestre, ainsi qu’une hausse de son dividende ordinaire.
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