Politique économique / CPME / partage de la valeur / Dividende salarié / interessement / participation / Actionnariat salarié / organisations patronales / Bercy / Négociations
Politique économique
CPME / partage de la valeur / Dividende salarié / interessement / participation / Actionnariat salarié / organisations patronales / Bercy / Négociations
Partage de la valeur : ce que le patronat propose / De la pédagogie sur les dispositifs existants
"Nous avons beaucoup hésité à arrêter les négociations (sur le partage de la valeur), le résultat ayant été annoncé avant la fin par le gouvernement. Mais les discussions nous auront permis de faire un état des lieux intéressant des dispositifs qui existent", avait confié, quelque peu déçu, le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux il y a quelques semaines lors de ses vœux à la presse, faisant référence à la décision du gouvernement d’imposer à toutes les entreprises la mise en place prochaine d’un dividende-salarié alors même que les partenaires sociaux sont censés discuter du sujet depuis le 8 novembre dernier.
Toujours est-il que l’heure est bientôt venue pour les différents protagonistes réunis autour de la table des négociations de rendre leur copie. "La dernière réunion devait avoir lieu aujourd’hui (le 31 janvier, ndlr) mais en raison des grèves, elle est reportée au 7 février ", explique à WanSquare, Stéphanie Pauzat, vice-présidente déléguée de la CPME qui représente l’organisation professionnelle dans le cadre de ces discussions. "Nous entrons dans le dur des négociations avec les syndicats. Aucune solution définitive n’est encore actée", poursuit-elle.
Généraliser sans obliger
Si le moment fatidique est donc retardé pour cause de mobilisation nationale contre la réforme des retraites, la position du patronat est claire. "Nous sommes toujours sur la même ligne : l’idée est de généraliser les dispositifs existants le plus possible, tels que la participation (calculée en fonction des bénéfices de l’entreprise et obligatoire pour les entreprises de plus de cinquante salariés, ndlr) ou l’intéressement (qui peut être mis en place par une simple décision unilatérale du chef d’entreprise, ndlr) mais pas de nous obliger à les mettre en place. Par généralisation, nous entendons inciter les entreprises à s’emparer des différents mécanismes en les informant de leur existence et en faisant de la pédagogie", soutient Stéphanie Pauzat.
Un patronat qui est donc toujours, à l’heure actuelle, vent debout contre l’idée d’instaurer un dividende-salarié ou tout autre dispositif supplémentaire de partage de la valeur, et notamment pour les entreprises de moins de cinquante salariés. "Le dividende salarié va tuer l’entrepreneuriat. Quelle sera la motivation d’un dirigeant à vouloir prendre des risques, à engager son patrimoine personnel, à être seul à refinancer son entreprise lorsque celle-ci ne va pas bien pour qu’au final, il n’y ait pas de rémunération du risque", martèle la vice-présidente de la CPME.
Un actionnariat salarié mieux valorisé
Dans le cadre de l’actionnariat salarié, les organisations patronales proposent de faire évoluer cet outil en donnant, par exemple, la possibilité aux employeurs d’ouvrir un "plan de partage de la valorisation avec les salariés". "Ce mécanisme s’adresse vraiment aux entreprises qui ont des parts, des actions, donc les TPE-PME seraient moins concernées. Mais dans les plus grandes sociétés, cela permettrait aux salariés d’être directement intéressés à la valorisation de l’entreprise et pas seulement à ses résultats ", souligne Stéphanie Pauzat.
Peser face au gouvernement
Coté syndicats, la généralisation de la participation serait aussi avancée, y compris pour les entreprises de moins de moins de cinquante salariés. Ils déplorent cependant que la question de l’augmentation des salaires ne soit pas évoquée et craignent qu’à terme la prime sur le partage de la valeur (PPV) ne vienne la remplacer.
Pour l’heure, rien n’est encore décidé, l’objectif étant de parvenir à un accord afin de peser contre le gouvernement au moment des auditions devant les parlementaires. "Il a été dit que nous avions refusé d’échanger avec les députés qui travaillent sur le sujet du partage de la valeur. C’est complètement faux. Nous avons souhaité reporter ces auditions afin que celles-ci ne viennent pas percuter la poursuite des négociations. Si nous, partenaires sociaux, parvenons à un accord, nous pourrons alors espérer que celui-ci soit alors privilégié par l’exécutif qui ne souhaitera pas remettre en cause le dialogue social ", veut croire la vice-présidente de la CPME.
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