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Vivendi / Havas / Bolloré / Lagardère / décote

Vivendi veut se scinder en trois / Le temps de la décote est compté

Vivendi va étudier un projet de scission de ses principaux actifs Canal + et Havas et la création d’une société d’investissement détenant des participations dans les secteurs de la culture, des médias et du divertissement. En créant des entités indépendantes capables de se développer par elles-mêmes tout en restant sous son contrôle et celui de Bolloré, le groupe dirigé par Yannick Bolloré et Arnaud de Puyfontaine veut créer de la valeur et supprimer la décote dont il est affecté.
Vivendi va étudier un projet de scission en trois entités - Photo by ERIC PIERMONT / AFP
Vivendi va étudier un projet de scission en trois entités - Photo by ERIC PIERMONT / AFP

La scission est à la mode. Après l’exemple récent du chimiste Solvay, et de sa nouvelle entité cotée Syensko, ou le projet de Renault de cotation de sa nouvelle filiale Ampere dédiée à la voiture électrique, Vivendi vient de surprendre son monde en dévoilant un projet de scission de ses activités en plusieurs entités qui seraient chacune cotées en Bourse. Si cette idée, proposée par le directoire de Vivendi que préside Arnaud de Puyfontaine au conseil de surveillance présidé lui par Yannick Bolloré, va être étudiée, c’est dans le but de "libérer pleinement le potentiel de développement de l’ensemble de ses activités", a indiqué le groupe dans un communiqué publié dans la soirée de mercredi.

Le fait est que ce potentiel est aujourd’hui bridé en raison de la décote de conglomérat très élevée qui affecte la valeur depuis la distribution cotation de son ancienne filiale Universal Music Group (UMG) en 2021 (dont le groupe a conservé 10 % du capital). Celle-ci n’est pas un scoop mais devient de plus en plus handicapante, le groupe n’étant valorisé qu’autour de la moitié de la somme des parties de ses différentes entités. Le problème est que cette décote n’est pas seulement gênante pour l’actionnaire, "elle limite les capacités à réaliser des opérations de croissance externe pour ses filiales", reconnaît Vivendi.

Si le diagnostic ne surprend pas, le remède n’est en revanche pas celui le plus attendu. Nombre d’analystes privilégiaient de longue date le scénario d’une OPA de la part de la maison mère, le groupe Bolloré, sur Vivendi. Ce léger contre-pied ne semble toutefois pas déranger la communauté financière. "Le scénario d’une offre publique sur l’ensemble du groupe n’est donc plus d’actualité, mais ce nouveau schéma nous semble plus favorable en termes de création de valeur", estime par exemple le cabinet Oddo BHF. Même son de cloche du côté d’Invest Securities, qui note que si le projet présenté est "à l’opposé des rumeurs de simplification de la galaxie de structures du groupe, il est clair en revanche que l’opération permettrait de cristalliser la valeur de Canal + et d’Havas". Les investisseurs ne s’y trompent d’ailleurs pas. L’action Vivendi gagnait près de 9 % à 9,73 euros mercredi matin.

Concrètement, la scission comprendrait donc une séparation en trois entités : Canal +, Havas et une société d’investissement qui regrouperait des participations cotées et non cotés dans le secteur de la culture, des médias et du divertissement. Cette dernière inclurait notamment la participation majoritaire dans Lagardère que Vivendi vient tout juste d’acquérir, et aurait vocation à mener une politique active de développement de ses participations.

Il reste à déterminer les modalités exactes du projet, qui peut passer soit par une distribution des titres Havas et Groupe Canal + aux actionnaires actuels de Vivendi via un dividende en nature, comme cela avait été le cas pour UMG en 2021. Soit la structure actuelle Vivendi pourrait continuer d’exister, détenant toujours une participation dans les nouvelles entités qui disposeraient alors de la flexibilité capitalistique pour réaliser des opérations de croissance externe.

Dans ce deuxième scénario, l’existence de Vivendi en tant que holding de contrôle d’entités devenues autonomes pourrait toutefois n’être que temporaire, ayant sans doute vocation à disparaître après son acquisition par Bolloré. Dans son principe, le futur ensemble prendrait alors – toutes proportions gardées – des allures de petit Berkshire Hattaway à la française.

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